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Si j'étais président Petits commerces, un des enjeux de la Présidentielle

0 12.04.2012 18:32
Alain et Josiane Maisse, propriétaires du magasin « Au fin pêcheur ».

Alain et Josiane Maisse, propriétaires du magasin « Au fin pêcheur ».

Photo "Le Maine Libre" - Hervé Petitbon

Cernés par les tous les carnassiers de la périphérie mancelle, Alain et Josiane Maisse, propriétaires du magasin « Au fin pêcheur », rue Montoise, arrivent encore à vivre de leur commerce. Même si l’oxygène manque parfois dans des eaux souvent troubles.
« Si j’étais président ? Bof, que voulez-vous qu’il fasse, le président, à part inciter les gens à aller à la pêche ? » Avec un brin d’humour et un soupçon d’amertume, Alain Maisse ne se fait guère d’illusions sur l’efficacité de l’action politique pour sauver le petit commerce.

Avec Josiane, son épouse, l’ancien boucher parisien, amoureux de la gaule pendant ses loisirs, a investi en 1991 dans ce petit magasin de pêche de la rue Montoise.

20 ans plus tard, le « Fin pêcheur » est toujours frais, vif, vaillant : « Quand j’ai commencé, nous étions douze commerces de proximité spécialisés dans les articles de pêche au Mans. Nous ne sommes plus que deux. Mais nous tenons. »

 

Pourquoi autoriser tant de nouvelles surfaces commerciales ?
Pendant ce temps, les gros poissons ont envahi la périphérie mancelle, inondant de leur surface commerciale les zones d’activités du Nord et du Sud. « Il y a d’abord eu Décathlon, puis Mondial Pêche (cotée en bourse à une époque), puis un second Décathlon en zone Sud, Terres et Eaux et maintenant Pacific Pêche. Franchement, vous croyez qu’il y a de la place pour tout le monde dans un contexte où le nombre de pêcheurs diminue inexorablement chaque année depuis 20 ans ? »
Mystère ? « Non, business, répondent de concert Alain et Josiane. Ce sont d’abord des hommes d’affaires comme Gérard Mulliez, le patron d’Auchan, qui possède la deuxième fortune de France grâce à toutes ces commercialisations. Souvent sur le dos de franchisés qui coulent ensuite. » Alain Maisse enfonce le clou : « Comme vous dites, si j’étais président, il faudrait par exemple d’abord faire un état des lieux des surfaces commerciales au Mans. C’est complètement démesuré et après on a le culot de venir nous parler de crise. La crise, j’en connais certains qui en profitent. »


Des clients qui sont devenus des amis
« Au fin pêcheur », le couple a failli suffoquer plusieurs fois, harcelé par des carnassiers périurbains s’apprêtant à avaler les petits vifs du centre-ville. « Mais nous avons tenu bon malgré tout. En prenant des risques, poursuit Alain. En 2000, alors que nous étions cernés par les requins d’eau douce, j’ai fait le pari un peu fou de tripler ma surface commerciale. Ça m’a sauvé. »

Pudiques, Alain et Josiane masquent en fait les véritables raisons de leur longévité commerciale. Été comme hiver, le magasin est ouvert de 6 h 30 à 19 heures, six jours sur 7

« C’est vrai, cela fait plus de 80 heures chacun par semaine », concède Josiane avant de rendre hommage à son mari. « Et puis, Alain, ses clients sont devenus des amis. Il fait lui-même ses appâts, ses amorces. Il pêche parfois les vifs, il répare les cannes achetées au magasin, il monte lui-même les lignes pour ses clients. »


80 heures par semaine chacun
L’investissement humain a certes un coût mais il est rentable. « Je suis dans le commerce depuis 48 ans. 28 ans de boucherie plus 20 ans de pêche, cela vous marque un homme », constate Alain avant de relancer le bouchon pour ferrer le politique : « Gauche, droite, c’est la même couleur même si j’ai mes préférences. Mais pour le commerce, ils sont tous pareils. Tenez, ma taxe professionnelle a triplé en un an. Vous trouvez cela normal, vous ? Heureusement que la retraite approche et que mon fils a un autre boulot. Il n’aurait jamais pu vivre en reprenant notre affaire. » Alain esquisse un sourire. Comme soulagé.

Jean-Benoît GAYET

 

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