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Si j'étais président "La situation des handicapés a régressé"

0 13.04.2012 18:54
Clément Mazier milite au sein de l’Adapéi.

Clément Mazier milite au sein de l’Adapéi.

photo archives « Le Maine Libre » - Denis Lambert

Depuis plus de trente ans, Clément Mazier milite au sein de l’Adapéi (Association Départementale des Parents et Amis d’Enfants Inadaptés). Président pendant douze ans, désormais vice-président, il mesure l’évolution de la structure associative.

 

Handicapés, pas malades

A la distance de cette longue expérience, le Manceau observe les rapports entre l’association et l’État. Il constate des mutations qui l’inquiètent, en particulier sur les transferts de responsabilités.

« Nous sommes coincés par l’État qui nous confie la gestion sans nous octroyer les moyens nécessaires. Ce désengagement nous met dans des situations impossibles. Comment tenir nos budgets avec une revalorisation de 0,4 % de nos dotations annuelles ? La seule hausse mécanique de la masse salariale ajoutée à l’augmentation de 20 % de l’énergie (chauffage, éclairage, transport) creuse un écart important. » La masse salariale de l’Adapéi 72 représente ainsi 29 millions d’euros sur 38 millions de budget.

Au-delà des structures spécialisées, le militant note aussi les espoirs déçus après la loi de 2005 sur l’égalité des chances. « Cette loi implique l’inscription des enfants handicapés dans des établissements scolaires ordinaires. Hélas, inscription ne signifie pas admission. Faute de moyens supplémentaires, la situation encore aggravée par la suppression des Rased empêche bien des enfants d’avoir accès à la scolarisation. »

 

500 personnes sans accueil

Et Clément Mazier de souligner ce paradoxe. « En France, les mentalités ont considérablement évolué vis-à-vis du handicap. Les lieux publics se sont adaptés et les regards ont changé. Le film « Intouchables » en témoigne. Or face à une solidarité citoyenne bien réelle, les moyens se dégradent et l’État n’assume pas ses responsabilités. Dans le département, 500 personnes handicapées sont toujours en attente de place dans des structures spécialisées. »

Du prochain quinquennat, Clément Mazier attend des réformes profondes. L’infatigable bénévole dénonce par exemple le morcellement entre plusieurs collectivités, voire différents ministères.

« Une source unique de financement éviterait des inégalités de traitement entre départements « riches » et « pauvres ». De même, le rattachement de nos structures d’accueil à l’ARH (Agence Régionale de l’Hospitalisation) renvoie les handicapés vers le secteur de la santé. Nos enfants sont handicapés, pas malades ! Et comment faire entendre nos spécificités aux grands gestionnaires des hôpitaux ? L’intégration au monde de l’hôpital, nous ôte notre autonomie. Ces dernières années, la situation des handicapés a régressé. »

Enfin, Clément Mazier espère aussi « une réelle prise en considération de la diversité entre le handicap mental et le handicap sensoriel. Les lois votées sans moyens pour leur application sont des leurres. »

Frédérique BREHAUT

 

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