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Si j'étais président La cruciale question de l'emploi

0 12.04.2012 17:21
Jonathan Brulé et la galère à Pôle Emploi.

Jonathan Brulé et la galère à Pôle Emploi.

Photo "Le Maine Libre" - Hervé Petitbon

Jonathan Brulé l’avoue sans tricher. « Les études, ce n’était pas mon fort. Et puis on m’avait dit que l’essentiel, c’était de savoir lire, écrire et compter… »

Alors à 15 ans, à la sortie de sa 5e, le jeune manceau prend la tangente. Intéressé par la cuisine en général et la pâtisserie en particulier, le voici engagé sur le chemin du pré-apprentissage.

Si les travaux pratiques auprès d’un pâtissier du Mans lui sourient, le parcours cloche sur les bancs de la CCI où Jonathan est supposé préparer son CAP.

Une cinquantaine de CV
« C’est vrai, je ne travaillais pas en cours. Je n’aimais pas ça. Et puis je vivais en foyer, livré à moi-même. » Sans poigne pour lui serrer la vis, Jonathan laisse filer les jours, s’essaie à la boucherie sans grande conviction. « En deuxième année de CAP, menacé d’être viré, je me suis réveillé. En 2006, j’ai obtenu mon CAP de cuisinier avec mention très bien. 4e de ma promotion ! »

L’apprenti avait compris que savoir lire et écrire, ça ne suffisait pas. Cette période heureuse s’arrête pourtant à la fin de son CDD dans une brasserie du Mans.

Dès lors commence une phase de petits boulots précaires, de missions en intérim, de passages plus ou moins réussis dans la restauration. « C’est aussi de ma faute. J’étais un peu instable, avec un caractère parfois difficile. »


Des offres sans réponse
Depuis Jonathan a vieilli certes, mais surtout gagné en maturité. La naissance d’une petite fille n’est pas étrangère à ce changement.

Pour autant, le Manceau patine devant Pôle Emploi. « Ces derniers mois, j’ai envoyé une cinquantaine de CV, j’ai appelé, écrit, me suis déplacé jusqu’à Bouloire, La Ferté-Bernard ou Sablé pour ne recevoir qu’une seule réponse négative d’un restaurateur. »
Son dernier poste dans un restaurant date de septembre 2010. « Je travaillais 70 heures par semaine, en finissant à 1 h 30 le matin pour recommencer à 9 heures, avec deux heures de pause l’après-midi, payé 900 € par mois. » En cuisine, il jette l’éponge.


250 € pour 35 h mensuelles
Depuis, le cuistot de 24 ans a enchaîné les pis-aller, jusqu’aux boulots les plus décourageants comme ces 35 heures mensuelles pour une société de nettoyage en échange de 250 €. « On te propose 3 heures de travail le matin, une heure l’après-midi et même pas tous les jours de la semaine. Il est donc impossible de trouver un autre travail à côté. » Florence Aubenas a magistralement raconté ce genre de galère dans « Le quai de Ouistreham ».
Début février, Jonathan voulait encore y croire, avec notamment un contact sérieux avec un restaurateur de Sablé.

Ce qu’il espère des élections présidentielles ? « Pas grand-chose. Il faudrait trop bousculer les structures du pays. Comment voulez-vous qu’un conseiller de Pôle Emploi qui gère près de 200 dossiers puisse répondre à toutes les attentes ? En 30 minutes d’entretien, qu’avez-vous le temps de dire ? »

Frédérique BREHAUT

 

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