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Sarthe "Soldat, c’est un métier difficile"

0 25.09.2014 07:36
Marié, deux enfants, des garçons, le colonel Pascal Georgin entend aussi intégrer dans ses missions l’épanouissement des 500 familles de marsouins du Camp d’Auvours. Photo « Le Maine Libre ».

Marié, deux enfants, des garçons, le colonel Pascal Georgin entend aussi intégrer dans ses missions l’épanouissement des 500 familles de marsouins du Camp d’Auvours. Photo « Le Maine Libre ».

Ce Saint-Cyrien a pris le commandement des six compagnies et des 1 000 marsouins du 2e RIMa, en juillet. Le colonel Pascal Georgin, 44 ans, affiche sa fierté de diriger ce prestigieux régiment.

"Le Maine Libre" : Vous connaissiez la réputation de ce régiment ?

Colonel Georgin : Pas seulement sa réputation. Son fonctionnement et son cœur également. Avant de rejoindre en 2012 l’état-major des armées, je suis resté deux ans dans ce régiment en tant que chef de Bureau opérations instruction, notamment au sein du bataillon Richelieu, en Afghanistan. J’étais demandeur pour revenir mais je ne me doutais pas que j’en deviendrais le chef de corps. C’est un honneur et une fierté, voire un rêve concrétisé pour un jeune officier. Vous vous rendez compte, Le 2e RIMa, avec 16 inscriptions et distinctions sur son drapeau, est tout simplement le régiment le plus prestigieux de l’Infanterie de marine.

Dans un contexte de réduction drastique des moyens, votre régiment a d’ailleurs été épargné ?

Il faut en effet interpréter les récents investissements comme une reconnaissance évidente de notre culture et de notre capacité opérationnelle. Rappelez-vous, en 2013, c’était le premier régiment engagé dans l’opération Serval au Mali. Les marsouins sont partis en opération en moins de 12 heures. Et sur place, ils ont toujours été devant, parfois en marchant sous 50 °. Alors oui, visiblement, on nous fait confiance.

C’est-à-dire ?

Après avoir bénéficié des technologies incroyablement sophistiquées et efficaces de l’équipement « Félin », nous venons d’acquérir 29 Véhicules blindés de combat infanterie. ces nouveaux engins, dont le coût se chiffre quand même à 3 millions d’euros la pièce, vont encore considérablement renforcer notre capacité opérationnelle. Ces VBCI sont équipées des dernières technologies, dotées par exemple de tourelles capables de tirer en roulant. Parallèlement, 8 millions d’euros ont été investis pour restructurer entièrement notre zone technique.

Des investissements qui supposent une formation pour tous les marsouins ?

Bien évidemment. Nous sommes d’ailleurs à peu près à mi-parcours de notre plan formation. ce n’est pas une mince affaire que de former tous les hommes à ces nouvelles technologies mais tous les marsouins sont motivés. C’est justement cette capacité à bouger et à évoluer qui est un peu notre marque de fabrique, ici ou ailleurs. Cette formation et ces « prises en mains » devraient se prolonger encore un an, jusqu’en octobre 2015.

Ce qui veut dire que vous aller rester à Auvours ?

En effet, nous n’avons pas d’opérations extérieures programmées d’ici là. Ce qui ne veut pas dire que nous n’allons pas intervenir sur des théâtres d’opérations différents. Notre régiment est là pour répondre inlassablement et instantanément aux sollicitations des politiques.

Pour intervenir par exemple en Irak, s’il le fallait ?

Bien sûr ! Mais ce n’est pas à l’ordre du jour, les interventions se limitant pour l’instant à des frappes aériennes. À ma connaissance, notre présence sur le sol n’est pas d’actualité.

Vous vous êtes fixé d’autres missions ?

Nous allons être appelés à participer aux actions de surveillance et de vigilance dans le cadre de « Vigipirate ». Mais d’une manière plus personnelle, je voudrais aussi contribuer au bien être des soldats et de leurs familles. Le 2e RIMa, c’est 1 000 hommes, certes, mais aussi 500 familles et 650 enfants. Je suis très attentif à leur épanouissement. Soldat, c’est un métier difficile. Il faut que les épouses et les enfants soient solides parfois. Soutenus, aussi. C’est une grande famille qui a des liens très forts et je remarque que l’intégration avec les habitants du Mans du Mans et de l’agglomération se passe bien. Par exemple, 30 % de nos marsouins sont licenciés dans les clubs de sports. Beaucoup participent aux animations locales dans les communes. 60 % de nos familles habitent l’agglomération mancelle

Pourtant, le 2e RIMa reste un régiment lointain !

C’est vrai, mais de moins en moins. À Auvours, contrairement au 3e RIMa de Vannes implanté en plein cœur de la ville, nous sommes quelque peu excentrés. Mais les Sarthois nous aiment bien. Ils nous respectent énormément et nous le font savoir lors des coups durs. Lors des journées portes ouvertes que nous organisons, nous avons accueilli jusqu’à 25 000 visiteurs, plus soucieux de discuter avec les hommes que de découvrir le matériel. C’est bon signe. Les jeunes viennent aussi à l’intérieur du régiment pour effectuer leur journée « défense et citoyenneté ». Cela peut susciter des vocations. Mais vous savez, ce régiment, on ne peut en parler qu’avec respect.

Propos recueillis
par Jean-Benoît GAYET

 

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