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Sarthe Incendie : « Les propriétaires forestiers doivent s’assurer »

0 14.07.2015 18:37
Pompiers et gendarmes sont à l’œuvre depuis l’incendie de vendredi. Selon Antoine d’Amécourt, les propriétaires forestiers doivent entretenir leurs parcelles au moins le long des routes. Photos "Le Maine Libre"

Pompiers et gendarmes sont à l’œuvre depuis l’incendie de vendredi. Selon Antoine d’Amécourt, les propriétaires forestiers doivent entretenir leurs parcelles au moins le long des routes. Photos "Le Maine Libre"

Président national des propriétaires forestiers, le Sarthois Antoine d’Amécourt revient sur le violent incendie qui a ravagé 105 hectares de pinèdes entre Mulsanne et Ruaudin, vendredi et samedi.

Le Maine Libre : Quelle est votre réaction après l’incendie de forêt à Mulsanne ?

Antoine d’Amécourt : Ça a l’air d’être criminel puisqu’il y a eu au moins quatre départs de feu. Malheureusement, on ne peut pas faire grand-chose contre la bêtise. C’est inconscient de faire ça en zone d’habitations. Par ailleurs, il faut bien faire comprendre aux gens que jeter un mégot de cigarette, c’est inconscient par ce temps-là. J’ai envie de rappeler que ça n’arrive pas qu’aux autres.

« L’entretien des parcelles est important »

Quel est votre message aux propriétaires, qui sont quasiment tous des privés ?

Mon message aux propriétaires forestiers, c’est qu’il faut arriver à faire des coupes pour créer des pare-feu. Normalement, on doit pouvoir arrêter le feu plus vite. Le plus important, c’est la voirie forestière pour permettre l’accès aux pompiers et leur permettre de s’entraîner et mieux connaître les lieux.

Le manque d’entretien de certaines parcelles a-t-il pu favoriser la propagation du feu ?

L’entretien est important, oui. Quand on peut, il faut essayer de travailler le sol le long de la voirie. Quand les arbres sont adultes, le feu lèche simplement le sous-bois. Quand il s’agit de jeunes peuplements, le bois brûle comme des torches. On conseille de passer un outil à disque en bord de route pour supprimer les ronciers, les vieilles fougères, les branches.

Qui sont les propriétaires forestiers ?

Certains ont hérité, d’autres ont acheté car ils sont chasseurs ou tout simplement passionnés par la forêt. Après, on a un sens rural ou on ne l’a pas. La zone incendiée vendredi est une partie du département où il y a beaucoup de propriétaires différents, c’est morcelé. Mais ce n’est pas parce qu’on a une petite propriété qu’on ne s’en occupe pas. Certains grands propriétaires ne s’en occupent pas.

Après ce sinistre, que peuvent faire les forestiers ?

À la fédération nationale de la forêt privée, on a mis en place une assurance incendie et tempête. Si les propriétaires sinistrés ne l’ont pas souscrite, c’est trop tard. En France, il n’y a que 4 % de la forêt privée qui est assurée. Pourtant, comme sa voiture, il faut assurer sa forêt.

Et s’ils ne sont pas assurés ?

Il faut récolter ce qui est récoltable. Les pins adultes sont encore commercialisables s’ils n’attendent pas. Après, il faut nettoyer et reboiser, même si tout le monde n’a pas les moyens. Mais ça mettra du temps à se régénérer.

Le coût du reboisement ?

Pour les pins maritimes, ça coûte environ 2 000 € à l’hectare. Il faut voir au niveau du syndicat s’il y a possibilité de faire un groupement de propriétaires, monter un dossier collectif, et essayer d’obtenir des aides régionales. Si on peut faire quelque chose, on le fera. Mais il faudra que les gens acceptent de se regrouper.

Quel est le coût d’entretien à l’hectare ?

Ça dépend de l’âge du peuplement. Les pins maritimes se récoltent vers 40 ans. L’entretien en bord de route est conseillé. Mais ce n’est forcément nécessaire d’entretenir à l’intérieur des parcelles. Il faut favoriser la biodiversité, permettre aux animaux de se reproduire.

Une fourchette de prix ?

C’est difficile à dire. Ça dépend si on fait les travaux soi-même ou si on les fait faire. L’entretien est surtout important les dix premières années du peuplement.

Plusieurs milliers d’euros par an à l’hectare ?

Non, pas jusque-là. Avec 1 000 € par hectare pour les deux ou trois premières années, on doit y arriver.

Les propriétaires forestiers sont-ils tous sylviculteurs ?

Non. Mais j’aimerais qu’ils le soient tous un peu. S’il y a un travail de sélection, à terme il y aura du bois d’œuvre. Avec les arbres, on travaille pour les générations futures ».

Recueilli par Benjamin NOLIERE

Antoine d’Amécourt, maire d’Avoise (près de Sablé), est président du CNPF (Centre national de la propriété forestière) et de Fransylva (Fédération nationale des syndicats des propriétaires forestiers).

 

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