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Sarthe En 2012, le bio a pris l’eau

0 10.09.2012 19:06
Trop d’eau au printemps : Isabelle et Damien ont dû emprunter pour passer l’été.

Trop d’eau au printemps : Isabelle et Damien ont dû emprunter pour passer l’été.

Photo "Le Maine Libre" - Olivier Blin

En Sarthe, la culture des légumes bio a beaucoup souffert des fortes pluies du printemps. Résultat : une baisse estimée de la production de 30 % et des conséquences lourdes pour les petites exploitations.

"C’est la pire année en Sarthe depuis 20 ans." Le constat dressé par Thierry Barré, président du Groupement d’agriculteurs biologiques du département (GAB 72), est sombre.

Entre le froid de l’hiver et les fortes pluies du printemps, 2012 s’annonce en effet comme une année noire pour les maraîchers bio sarthois. « Une saison catastrophique qui pourrait signifier la fin de quelques exploitations », selon Thierry Barré.

Froid et fortes pluies

Membres de plusieurs Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), Damien et Isabelle, producteurs de légumes à Saint-Michel-de-Chavaignes, font partie de ces maraîchers en souffrance.

Leurs terres gorgées d’eau au printemps, ils n’ont pas pu mettre en place leurs cultures à temps. Et, quand ils ont pu le faire, l’humidité a provoqué des maladies et des pourritures en terre pour les cultures de plein champ. Au final, les rendements sont largement insuffisants.

« Sur une année normale, on produit entre huit et dix tonnes de pommes de terre. En 2012, pour l’instant, on n'en est qu’à une tonne », explique Damien. L’exemple des pommes de terre, qui représentent environ 20 % de leur panier annuel, est le plus parlant. Mais il va également falloir racheter d’autres légumes (carottes, courges). Et creuser un nouveau trou dans des finances déjà dans le rouge.

Un prêt pour passer août

« C’est clair que ça va coincer, reconnaît Damien. Nous avons dû emprunter 2 400 € aux adhérents de l’Amap, à rembourser sur 12 mois, pour combler notre trou de trésorerie en août. Ça nous a permis de rester dans la limite du découvert autorisé. »

« Sans le soutien des membres de l’Amap, j’aurais peut-être arrêté depuis longtemps déjà », confie Isabelle.

Pour Thierry Barré, le problème vient aussi de la taille des exploitations : trop petites, elles ne peuvent bénéficier d’aucune aide financière, telle que des indemnisations au titre des calamités agricoles. « Ce sont des petites structures qui fonctionnent dans leur coin, essentiellement en vente directe. Elles n’ont pas de groupe de pression capable de leur obtenir des aides. Il n’y a donc pas de moyen d’atténuer les effets des mauvaises années ».

Pas d’aide financière

Pour tenter de remédier au problème, le président du GAB a rencontré récemment la Direction départementale des territoires et ne désespère pas d’obtenir des fonds d’urgence.

Damien et Isabelle, eux, prévoient de rencontrer prochainement les adhérents de leurs Amap, « pour voir comment on peut gérer l’hiver et trouver une solution tous ensemble ».

Julien PROULT

 

 

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