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Sarthe Drogues : « Personne ne peut préjuger de sa vulnérabilité »

0 11.11.2014 08:22
Le docteur Jean-Yves Panici consacre une partie de son temps à l’addictologie, au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie Montjoie rue de Belfort. Photo « Le Maine Libre » Hervé Petitbon

Le docteur Jean-Yves Panici consacre une partie de son temps à l’addictologie, au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie Montjoie rue de Belfort. Photo « Le Maine Libre » Hervé Petitbon

Après l’état des lieux du trafic de stupéfiants publiés dans nos éditions de ce lundi 10 novembre, entretien avec Jean-Yves Panici, médecin addictologue, sur les risques de la consommation et les pistes pour en sortir.

Jean-Yves Panici est médecin addictologue au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie Montjoie (CSAPA), rue de Belfort au Mans.

« Le Maine Libre » : Existe-t-il des modes ou des évolutions des produits consommés ?

Jean-Yves Panici : En ce moment, c’est le crack. Cela rend excessivement accro. J’ai vu des personnes perdre 10 à 15 kg. On constate aussi une augmentation de la consommation d’héroïne chez les 17-18 ans. C’est une drogue parfois utilisée par les consommateurs de cocaïne. Très récemment sur Le Mans, il y a des gens qui s’injectent la cocaïne. On peut aussi parler des produits que l’on trouve sur internet car le vendeur en bas de la rue n’est pas encore approvisionné. C’est le cas des dérivés du khat, une herbe d’Ethiopie qui se mâche, ou de la méphédrone. Les livraisons se font par la route… ou par La Poste.

Comment vos patients tombent-ils dans le piège de la drogue ?

Il y a plein de portes d’entrée possibles. Pour braver l’interdit, pour oublier une situation compliquée, par effet de groupe, pour le plaisir qu’on pense se procurer. On voit aussi pas mal de gens qui pensent que fumer un joint, c’est légal, notamment des jeunes qui voient leurs parents fumer.

Sommes-nous tous égaux face à la consommation de drogue ?

Le grand danger, c’est une mauvaise rencontre entre un produit stupéfiant et une personnalité fragile. Sauf que personne ne peut préjuger de sa fragilité psychologique, de sa vulnérabilité. Par exemple, le cannabis peut accentuer ou accélérer des maladies comme la schizophrénie. Même si l’effet peut être inverse, à savoir que le THC peut calmer certains psychotiques. C’est une flèche à double sens.

Quelle attitude doivent avoir les parents dans la prévention ?

Certains parents sont démunis. Ils peuvent aussi être pris en charge par le psychologue du centre, afin qu’ils n’aient pas d’attitude contre-productive. L’important, c’est la proximité avec ses enfants, la communication, la confiance. Il faut prendre la drogue comme un souci éducatif parmi d’autres. Il faut expliquer les risques, mais aussi mettre les conditions pour que le jeune puisse parler au moindre problème. Si le parent ressent un mal être chez son enfant et n’arrive pas à en parler avec lui, il faut consulter.

CSAPA Montjoie. 66 bis rue de Belfort, Le Mans, 02-43-14-15-40. Présent au Mans, Sablé, La Flèche, Château-du-Loir, Saint-Calais, La Ferté. Consultations jeunes consommateurs  : 02-43-54-24-65, à la Maison des adolescents du Mans (15 rue Gougeard) et de La Flèche (15 rue Saint-Thomas). 

Plus d'informations dans nos éditions du "Maine Libre" de ce mardi 11 novembre.
A lire aussi sur ordinateur, tablette et smartphone.

 

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