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Sarthe Disparu il y a 30 ans : la famille de Ludovic pense toujours à lui

0 06.03.2013 06:34

C’était le 17 mars 1983. Ils venaient de quitter la Sarthe pour Grenoble. Revenue depuis dans son département d’origine, la famille Janvier survit, avec cette question : Ludovic est-il encore vivant ?

Une mallette avec des articles de journaux et deux petits vêtements : « Ce sont ceux de Ludovic. Il avait six ans et demi. Il n’était pas gros ! » Maryline, sa mère, ne se sépare que très rarement de cette boîte à souvenirs. 

Près de 30 ans jour pour jour après l’enlèvement de son fils, dont elle n’a jamais eu de nouvelles, elle et ses autres enfants ont fait appel aux médias. « On se dit que peut-être il va nous voir, nous lire. Il doit savoir qu’on ne l’a pas oublié et qu’on est revenus dans la Sarthe. »

« Ludovic a suivi le monsieur… »

« Moi, je pense qu’il est vivant. Il est quelque part », lance Jérôme, le grand frère de Ludovic qui espère, en alertant la presse trente ans après les faits, que « des gens qui savent se mettent à parler. Il serait temps. »

Jamais Jérôme n’oubliera ce jour du 17 mars 1983, sur la place de la mairie de Saint-Martin-d’Hères, dans la banlieue de Grenoble, où la famille venait d’aménager pour raisons professionnelles.

« On allait chercher des cigarettes pour notre père (décédé depuis, ndlr). En revenant, un homme, qui avait un casque de moto, nous a demandé de l’aider à chercher son chien, en échange de bonbons. Je suis parti d’un côté avec mon frère le plus jeune, Ludovic a suivi le monsieur. Je me suis retourné, j’ai vu le regard de Ludovic, j’ai senti que quelque chose n’allait pas, qu’on avait fait une grosse bêtise. » 

Jérôme n’était encore qu’un enfant d’un peu plus de sept ans. De retour chez lui, il explique tout à ses parents, qui se mettent à rechercher Ludovic. En vain. Les gendarmes prennent le relais, sans plus de succès.

« Au début, on ne comprend rien, se souvient la maman. On se dit qu’il va peut-être revenir le lendemain. Puis les mois passent… » Mais rien, jamais aucune nouvelle de Ludovic. Et, à l’époque, pas de dispositif « alerte enlèvement », et une police scientifique moins performante qu’aujourd’hui. 

N’empêche, Maryline ne mâche pas ses mots quand on lui parle de l’enquête. « Les enquêteurs ont tout de suite emmené mon mari, ils auraient mieux fait de fermer les frontières ! » 

De faux espoirs

Le dossier de Ludovic Janvier sera même perdu. Puis retrouvé bien plus tard, en 2009, par une cellule d’enquête sur plusieurs disparitions et meurtres d’enfants commis dans l’Isère entre 1983 et 1996. L’enquête menée pour séquestration est toujours ouverte.

La famille Janvier devra aussi affronter les faux espoirs à cause de gens peu scrupuleux. « À Grenoble, deux personnes se sont faits passer pour mon fils. On a dû faire des tests ADN », se rappelle Maryline. 

Jérôme a quant à lui reçu il n’y a pas si longtemps des messages sur Facebook d’individus prétendant savoir où était son frère. « Je transfère ces messages à notre avocate qui fait ensuite le nécessaire ».

Pas de bonheur entier

Trente ans après cette tragique et mystérieuse disparition, la famille Janvier ne peut pas faire son deuil. 

La maman explique la difficulté de se recueillir : « Chez moi, c’est un cimetière. En ce moment, j’ai trente roses sur ma table, autour de la photo de Ludovic, pour les 30 ans de sa disparition. »

Et s’il y a bien des moments de bonheur, notamment avec la naissance des petits-enfants, « ce n’est pas un bonheur entier. Noël, la fête des mères, non merci. Il manque toujours quelqu’un. »

Fabrice GANDON

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