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Sarthe 1863-2013 : il y a 150 ans naissait Joseph Caillaux

0 03.04.2013 16:12
La dernière demeure de Joseph Caillaux, illustre homme politique de la sous-préfecture de Mamers.

La dernière demeure de Joseph Caillaux, illustre homme politique de la sous-préfecture de Mamers.

Photo "Le Maine Libre"

Un Sarthois à la vie phénoménale : né le 30 mars 1863, il fut au fait du pouvoir, accusé de haute trahison, époux d’une meurtrière, « père » de l’impôt sur le revenu.

Joseph-Marie-Auguste Caillaux naît au Mans le 30 mars 1863, d’un père sénateur de la Sarthe qui fut ministre des Finances. Joseph préparera l’Inspection des Finances. La politique est dans le patrimoine génétique.

Son père Eugène subodore : « Il y a une place pour toi dans la Sarthe. » Joseph se présente comme candidat « républicain » dans l’arrondissement de Mamers. C’est désormais de là que le destin mènera sa vie époumonée.

L’impôt sur le revenu

Dans l’ordre, mais seulement chronologique.

1899, il est promu ministre des Finances par Waldeck-Rousseau. Le 25 juillet 1907, il épouse sa maîtresse Berthe Gueydan. 21 octobre 1906, Georges Clemenceau forme un nouveau gouvernement, confie les Finances à Caillaux qui dépose un projet d’impôt sur le revenu (adopté en 1909).

Octobre 1911 : après avoir divorcé de Berthe Gueydan, il épouse Henriette Rainouard. Juillet 1907, il est président du Conseil (aujourd’hui on dit Premier ministre).

1er juillet 1911, c’est l’Affaire dite d’Agadir. L’Allemagne y a envoyé un navire de guerre. Caillaux négocie, cède une partie du Moyen-Congo pour conserver le Maroc. Victoire… à la Pyrrhus : la Droite crie à la trahison. Calmette, directeur du « Figaro » mène la cabale, menace de publier des lettres intimes conservées par Berthe Gueydan.

Feu sur Calmette

Henriette, la femme devenue légitime, prend les choses en main, se rend chez Gastine-Renette (le « Fauchon » de l’armurerie à l’époque), achète un pistolet, prend le temps de se faire expliquer comment ça fonctionne, se rend au bureau directorial du « Figaro » et fait feu. Calmette meurt dans la foulée.

La Droite hurle à l’escroc, à l’assassin. Finalement Henriette est acquittée, le 28 juillet 1914, le jour même où l’Autriche déclare la guerre à la Serbie. Le gouvernement français juge prudent de confier à Caillaux une mission… au Brésil.

Seulement, là, il devient copain avec… un agent secret de l’Allemagne. Deschanel, président de la Chambre des députés, demande la levée de l’immunité parlementaire pour « intelligence avec l’ennemi ».

A ce moment-là c’était un bon motif pour la peine de mort. Caillaux est arrêté (14 juillet 1918). Détenu 27 mois il est condamné à 3 ans de prison.

Il a même trahi la Gauche

Dès lors il devient pour les partis de gauche et la Ligue des Droits de l’Homme, un symbole contre l’arbitraire des gouvernements de Droite. En 1924 le cartel des gauches vote l’amnistie. Caillaux redevient ministre plusieurs fois. Il est élu au Sénat et de là il renverse à reprises le gouvernement du Front Populaire, de cette gauche à qui il devait tout ce qui a précédé.

1940, c’est la guerre. Les Caillaux se retirent à Mamers, Madame Caillaux meurt en février 1943, Joseph l’année suivante.

Quel roman que ma vie, aurait-il pu conclure comme Alexandre Dumas. Cependant l’un de ses biographes, Denis Bredin, de l’Académie Française, sera plus réducteur qui ne retient : « Que reste-t-il de lui sinon l’histoire d’un tragique fait divers ? »

Jacques GUICHARD

 

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