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Santé "L'hôpital public a besoin de confiance"

0 17.09.2012 18:39
Avant sa visite ce lundi de l'hôpital du Mans, la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, a accordé un long entretien à la rédaction du "Maine Libre"

Avant sa visite ce lundi de l'hôpital du Mans, la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, a accordé un long entretien à la rédaction du "Maine Libre"

Photo "Le Maine Libre" - Hervé Petitbon

Avant sa visite de l'hôpital du Mans ce lundi, Marisol Touraine -ministre des Affaires sociales et de la santé- nous a accordé un long entretien.

"Le Maine Libre" : Vous proposez un « pacte de confiance pour l’hôpital ». Quelles sont vos orientations ?

Marisol Touraine : Pour moi, la priorité est l’égalité des Français dans l’accès aux soins. L’hôpital a été considéré ces dernières années comme une entreprise et mis au second plan. Or, nous devons d’abord le rétablir comme l’épine dorsale de notre système de santé. Ce qui veut dire reconnaître et valoriser les missions de service public qu’il est le seul à remplir : l’accueil de tous les publics 24 h sur 24, la prise en charge des maladies graves, la formation des jeunes médecins, et la recherche.

Le système français repose sur l’existence d’un service public et d’une médecine libérale, il ne s’agit pas d’opposer les uns aux autres. Chacun a sa place et chacun doit être à sa place. Mais il me semble que le système de santé et, en particulier le secteur public, a besoin aujourd’hui de confiance.

La confiance des personnels dans les hôpitaux publics viendra également d’un financement mieux garanti.

La question du financement est évidemment importante. Pour concrétiser la reconnaissance du rôle du service public hospitalier, je proposerai au parlement, dès le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale d’octobre, de mettre fin à la convergence tarifaire.

Jusqu’à présent, un établissement public et un établissement privé reçoivent la même somme de l’Etat pour le même acte pratiqué sur un patient, une opération par exemple. Or, l’hôpital public fait face à des coûts liés à ses missions de service public, et a donc besoin que ces financements les intègrent.

Je souhaite mettre fin aux dérives. Certains hôpitaux, en fonction de leur situation, ont eu tendance à privilégier des actes mieux rémunérés, qui n’étaient pas forcément les plus pertinents pour les patients. Cela va changer.

"Garantir l'accès à des soins de qualité"

Vous souhaitez également encadrer les dépassements d’honoraires. Ce qui ne va pas forcément plaire aux médecins.

Le fil rouge de ce que je veux mettre en place, c’est de garantir à chaque Français l’accès à des soins de qualité, quels que soient son histoire, son lieu d’habitation et ses revenus. Depuis quelques années, le nombre de Français qui renoncent à se soigner ou qui repoussent les soins, augmente de manière préoccupante.

Il y a des endroits où on a du mal à trouver un médecin à un tarif raisonnable. Quand vous allez chez le médecin, vous ne savez ni combien vous allez payer, ni combien vous allez être remboursé. Cette situation n’est pas acceptable.

Dans les services d’urgences, les délais d’attente deviennent insupportables. Que faire ?

Il faut tout d’abord garantir que personne ne se trouve à plus de trente minutes de soins d’urgences. Pour cela, les Agences régionales de santé (ARS) établiront un état des lieux dans chaque région et nous pourrons commencer à implanter des solutions selon les territoires dès le début de l’année prochaine : des médecins correspondants du Samu par exemple.

Par ailleurs, nous allons réorganiser nos services d’urgences pour les rendre plus efficaces et mieux adaptés. Il y a 20 ans, il paraissait normal d’attendre plusieurs heures aux urgences. Aujourd’hui, ce n’est plus acceptable. Il faut aussi faire en sorte que moins de gens aillent aux urgences. Cela passe notamment par le développement de la médecine de proximité.

Enfin, je souhaite la création d’un nouveau métier : quelqu’un qui soit chargé de gérer et de coordonner la sortie des urgences. Celui qui soigne ne peut pas en même temps s’occuper de la gestion des lits disponibles. A la mi-octobre, je vais réunir l’ensemble des acteurs des services d’urgence pour en parler.

Les personnels des hôpitaux sont inquiets, fatigués et ont du mal à prendre leurs congés.

Je veux engager la concertation. C’est précisément pourquoi j’ai confié une mission à Edouard Couty, qui est une personnalité reconnue. Il doit me rendre ses propositions d’ici la fin de l’année, notamment sur le dialogue social et les conditions de travail.

Il faut aussi prendre en compte le stress, la souffrance au travail et favoriser l’évolution des carrières. On doit pouvoir faire reconnaître les acquis de sa vie professionnelle et entrer dans une carrière hospitalière sans se dire que l’on va faire le même travail pendant 40 ans.

Propos recueillis par Serge DANILO

 

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