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Ruillé-sur-Loir Les religieuses de la Providence en deuil après le meurtre

1 05.03.2013 06:09
« Sœur Emmanuel était presque devenue une Malgache », soulignent sœur Henri-Dominique (à droite) et sœur Martine, mère supérieure de la congrégation de la Providence après le meurtre de la religieuse (en médaillon).

« Sœur Emmanuel était presque devenue une Malgache », soulignent sœur Henri-Dominique (à droite) et sœur Martine, mère supérieure de la congrégation de la Providence après le meurtre de la religieuse (en médaillon).

Photos "Le Maine Libre", Olivier Blin et DR

La mort de Marie-Emmanuel Helesbeux a bouleversé les sœurs de la Providence. La religieuse, qui a été tuée à Madagascar, revenait régulièrement à Ruillé-sur-Loir, à la maison mère de la congrégation. Chaque prière des sœurs de la Providence est prononcée en sa mémoire.

Sœur Emmanuel, de la même congrégation, a été tuée à Mandritsara, dans le nord-est de Madagascar où elle a passé l’essentiel de sa vie en mission. Son corps a été retrouvé samedi matin à proximité d’un marché de zébus. Le décès de la religieuse, âgée de 82 ans, laisse dans l’incompréhension toutes celles qui l’ont connue et partagent sa vocation.

« Ça fait mal, confie simplement sœur Thérèse Myriam. Sœur Emmanuel disposait d’énormément de gentillesse, de patience et de bonté. Elle donnait sans compter. » L’ancienne mère supérieure, Henri-Dominique Besson, peine, elle aussi, à dissimuler son émotion après avoir côtoyé Marie-Emmanuel Helesbeux pendant presque 20 ans. « Elle devait revenir en avril. Son billet d’avion était pris. » Sœur Emmanuel œuvrait à Mandritsara depuis 42 ans.

« Elle était presque devenue une Malgache, poursuit Henri-Dominique Besson. Elle y avait fait sa vie. » La religieuse repassait par la France environ une fois par an, pour revoir sa « grande famille », c’est-à-dire les autres sœurs de la congrégation ainsi que ses proches en Ille-et-Vilaine. Sa dernière visite à Ruillé-sur-Loir date de 2011.

« Nous étions toujours en contact, raconte sœur Martine Meuwissen, la mère supérieure. Dans sa dernière lettre, sœur Emmanuel nous faisait part de sa joie de revenir et de nous voir. » Elle n’a pourtant vécu qu’un mois tous les deux ans en moyenne à Ruillé-sur-Loir, en dehors de ses deux années initiales de formation.

Après avoir prononcé ses vœux, elle a exercé en tant qu’infirmière en France pendant dix ans : au Mans, ainsi qu’à Rennes. Lorsque Marie-Emmanuel Helesbeux a 40 ans, la mère supérieure lui propose de rejoindre Madagascar et l’hôpital de Mandritsara. Elle accepte et restera sur place, parmi d’autres sœurs de la Providence, même après avoir pris sa retraite, il y a 20 ans. « Son désir de servir les autres l’habitait profondément, souligne Henri-Dominique Besson. Elle voulait toujours repartir. »

« Un peuple très attachant »

Grâce à l’aide des membres (une quarantaine) de l’association de son village natal à Domalain (35), « Domalain Tiers-Monde », la défunte fournissait des médicaments aux plus démunis. « Elle ne parlait que de sa mission et respirait pour ça », se rappelle Henri-Dominique Besson.

Pour ce qui est du contexte dans lequel cette dernière a perdu la vie, les sœurs ne peuvent concevoir qu’un éventuel conflit de propriété en soit à l’origine. « C’est ne pas connaître la vie religieuse que de penser une telle chose, lâche Henri-Dominique Besson, meurtrie de lire « n’importe quoi ». « Notre constitution nous interdit tout bien personnel ».

Face à un tel drame, les sœurs ne remettent pas en question leur engagement. « On sent au contraire un tissu de solidarité lors des prières, estime Martine Meuwissen. Il n’y a pas de quoi influencer notre foi, ni notre action à Madagascar. Ce genre d’événement tragique arrive aussi dans notre pays. »

« Les Malgaches sont un peuple très attachant, ajoute sœur Henri-Dominique. Malgré la misère, ils sont heureux de vivre, comme sœur Emmanuel a pu l’être. Ils n’ont rien mais partagent ce rien. » Et la religieuse de songer : « Elle voulait mourir là-bas. Pas dans ces conditions-là mais elle voulait mourir là-bas. »

Emeline DEVAUCHELLE

Une célébration de prières, ouverte à tous, aura lieu samedi, à 14h30, à la chapelle de Ruillé-sur-Loir.

Lire aussi : Religieuse tuée à Madagascar : les trois meurtriers présumés écroués

Commentaires (1)

Triste
Moïsette mar, 05/03/2013 - 08:20

De tout coeur avec les soeurs. Je ne n'ai plus la foi. Mais, si il y a vraiment un Dieu, pourquoi ce malheur est arrivé ? En tous les cas, si il existe, il a accueilli cette religieuse près de lui.

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