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25e Heure du Livre Lionel Duroy : « Les vertiges de l’amour »

1 11.10.2013 13:20
Photo Hannah/Opale/Robert Laffont

Photo Hannah/Opale/Robert Laffont

« Le Maine Libre » : « Vertiges » s'empare de la fin d’une longue histoire d’amour, une tension sur 500 pages
Lionel Duroy : Je l’ai écrit dans un souffle de 14 mois après avoir rompu avec une femme énormément aimée. Je voulais comprendre une relation amoureuse. Après une rupture très douloureuse, on peut prendre du Lexomil sous la couette. J’ai préféré mettre des mots sur ce qui m’est arrivé afin de rester debout. C’était le moment juste pour travailler sur ce sujet, d’où cette intimité touchée au plus près.
Vous racontez une histoire sans poser de rideaux
Je déteste les rideaux ! Écrire sur l’intimité, c’est ça. Ordinairement, on ne met jamais de mots sur cette horlogerie secrète qu’est une histoire d’amour, par crainte de détruire. Nommer, c’est donner un poids aux choses. Ce livre a été dur à écrire car c’est 500 pages dans la tête d’un homme. Un parti pris volontaire. On voit l’être aimé par ses yeux.
Justement, Augustin idéalise Esther à un point qui peut être pesant pour elle
Dans le regard amoureux, on projette une part de soi. Au moment de la rupture, le voile se déchire et la personne se révèle telle qu’elle est, non telle qu’on l’avait idéalisée pour la hisser au rang de personne unique. Après la rupture, chacun redevient ce qu’il est réellement. Pendant 500 pages, (et 20 ans de vie commune), Augustin regarde sa femme comme au premier jour. Aimer commence par le regard. C’est le regard amoureux qui suscite le désir.
Quelle est la part de malentendu dans une histoire d’amour ?
Elle est réelle car chacun arrive avec ses motivations secrètes. Augustin sort d’un échec et Esther a aussi son héritage sentimental. C’est stupéfiant une histoire d’amour, c’est un éblouissement qui anéantit tout. L’amour est une forme de sauvetage, on se sauve pour ne pas être seul au moment de mourir. Tout est là. C’est émouvant de voir les vieux couples qui se tiennent par la main. Jusqu’au bout, ils ne veulent pas se lâcher.
Le besoin d’absolu d’Augustin inquiète parfois
La beauté de l’amour, c’est l’absolu. Comme écrivain, je n’aime pas les compromissions. Dans la vie, c’est pareil. Plus que tout autre sujet, un amour ne doit pas céder au compromis. Avec les petits arrangements, on glisse vers la médiocrité et je n’aime pas ça. Ce qui est beau dans la vie, c’est le flamboiement. Prendre le maximum de risques pour avoir de beaux sentiments. Augustin est ébloui par Esther. Ca le porte.
Cette exigence porte aussi sa fin en elle
Sans vertiges, la vie ne m’intéresse pas du tout. Ce qui est beau, c’est de placer la barre très haut. J’adore cette relation. Augustin se nourrit de cet absolu et en fait un livre. Après, c’est compliqué de rester à la hauteur pendant des années. Esther se lasse du mausolée. Elle veut revenir vers un quotidien plus anodin.
Pourquoi ne prend-il pas au sérieux les mises en garde d’Esther ?
Aimer une femme à ce point, c’est forcément trembler devant elle. Brel disait qu’un homme incapable de trembler devant une femme est un imbécile. Le difficile, c’est de trouver l’équilibre entre le désir et l’effroi. Pour bien aimer il faut une part d’inconscience.
Je voulais débroussailler un chemin jamais ouvert en allant loin sans être dans l’outrance. Cette mise à vif impliquait d’avoir vécu ces vertiges pour retrouver la fragilité des êtres. On avance dans les ténèbres.
Comment va Augustin ?
Plutôt bien, tant c’est formidable d’écrire. Quand on est parvenu exactement à ce qu’on voulait, c’est un plaisir très profond. Écrire un livre ressemble à l’escalade de l’Annapurna en solitaire.

Propos recueillis par Frédérique Bréhaut

" Vertiges » par Lionel Duroy. Julliard.

Samedi et dimanche Stand Le Passage.

Commentaires (1)

CETTE ANNÉE J'AI DÉCOUVERT DE L'EXCELLENTE LITTÉRATURE
IZARRA dim, 13/10/2013 - 20:54

BILAN DU SALON DU LIVRE DU MANS 2013

Cette année ma visite au SALON DU LIVRE du Mans aura été fructueuse puisque j'ai acheté :

- 1 paquet de café moulu BIO
- 1 paquet de Spéculos BIO
- 1 Coca BIO

La littérature et ses auteurs étant incapables de me séduire, j'ai préféré dépenser mon argent en denrées alimentaires trouvées sur place.

Le stand le plus intéressant de cet énième salon du livre du Mans étant celui consacré aux productions comestibles bio avec vente non pas de livres mais de “produits qui tiennent au corps”.

Autrement dit, la vraie littérature, c'est celle qui se mange.

Mes achats sont d’ailleurs révélateurs de l'état de la littérature d’aujourd'hui.
Au moins ce que j’ai acheté, c’est nourrissant, bon, consistant et ce n’est pas du bla-bla !

VOIR LA VIDÉO :

http://www.dailymotion.com/video/x15wm3b_bilan-du-salon-du-livre-du-mans...

Raphaël Zacharie de IZARRA

LA BONNE LITTÉRATURE EST ICI :

http://izarralune.blogspot.fr/

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