Les trafiquants présumés pourraient récupérer leur butin

Un trafic de tapis aurait abouti au blanchiment de centaines de milliers d’euros. A la suite d’une erreur de procédure, la justice pourrait tout restituer.


Fin mars 2010. Après plus d’un an d’enquête menée par les gendarmes du département et le groupement d’intervention régionale, un vaste coup de filet est réalisé. Une vingtaine de personnes sont placées en garde à vue en France. Parmi elles, la moitié ont été interpellées dans la Sarthe, au Mans, à Arnage ou à Ruaudin. Motif de cette grosse opération : la suspicion de l’existence d’un très important trafic de tapis d’Orient, vendus bien au-delà de leur valeur réelle dans différentes salles.



Suspicion de blanchiment d’argent




Selon les enquêteurs, l’argent gagné aurait été blanchi, notamment dans des terrains, des bijoux, des œuvres d’art, des voitures de luxe. Autant d’objets saisis lors des perquisitions, tout comme des lingots d’or, de très fortes sommes d’argent, et des tapis. Au total, on estime le bénéfice de l’escroquerie à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Depuis cette date, plusieurs personnes, mises en cause, ont été détenues ou placées sous contrôle judiciaire. Et une information judiciaire pour escroquerie a été ouverte. Au fil des mois, un gigantesque travail d’investigation a été mené. Mais en juin dernier, coup de tonnerre : un avocat, qui a déposé une requête en nullité, est suivi. Il a dénoncé une erreur dans la procédure, et obtient gain de cause auprès de la chambre de l’instruction, à Angers, qui décide d’annuler un pan entier de l’enquête.



Des années de travail pour rien



Concrètement, à la suite de cette décision, la majeure partie de cet immense dossier financier n’aura pas de suites pénales, selon une source gendarmerie. Pour les gendarmes et le juge d’instruction, ce sont des mois, voire des années de travail, qui n’auront servi à rien. D’ailleurs, la décision atterre de nombreux acteurs qui ont bûché sur cette affaire. D’autant que la fortune saisie par la justice pourrait être restituée aux personnes mises en cause. Les lingots, les terrains, les bijoux, l’argent, mais aussi les voitures de sport, qui avaient été vendues, et qui seraient alors remboursées à ces trafiquants présumés. Bref, un dossier qui fait grincer bien des dents. Si l’information judiciaire est toujours ouverte, il ne reste que peu d’éléments permettant d’apporter une réponse judiciaire, qui si elle existe, sera bien loin de ce qu’elle aurait pu être.


Nicolas FERNAND