Le Mans. La décision de ne plus pouvoir se faire photographier en mairie est jugée incohérente en zone rurale.
Le Mans. La décision de ne plus pouvoir se faire photographier en mairie est jugée incohérente en zone rurale.

Les photos en mairie pour les passeports, c’est fini et ça fâche

Depuis le 1er janvier les mairies ne peuvent plus prendre sur place la photographie d’un demandeur de passeport. En zone rurale, cette décision n’est pas sans poser quelques problèmes.

Un pas en avant, deux en arrière. Ces deux dernières années, plus de 2 000 communes françaises (17 en Sarthe) ont reçu un équipement spécifique pour être en mesure de prendre des photos et les empreintes digitales numériques nécessaires aux passeports numériques.
Cette organisation, pilotée par l’Agence nationale des titres sécurisés, avait fait réagir les photographes qui s’étaient mobilisés. Certaines grandes villes avaient d’ailleurs décidé de ne pas utiliser cette fonction « photo ».

Appareils neutralisés

Néanmoins, un grand nombre avait fait le choix inverse. Désormais, ce n’est plus possible car un décret de juillet 2011 oblige tout demandeur à fournir deux photos d’identité, les appareils installés en mairie ayant été neutralisés.

Ce retour en arrière se traduit d’abord par un gâchis matériel. Quid de tous ces appareils numériques fournis par l’Etat aux mairies ?
Mais là n’est pas l’essentiel car en zone rurale, cette décision est jugée incohérente. Exemple à Brûlon.

Un service de moins

« Cette décision nous dérange énormément » explique Daniel Coudreuse, le maire. « En 2008, en voyant que nous perdions des permanences, nous avons choisi d’opter pour le concept du relais de services publics. » « Actuellement, 200 à 300 personnes viennent chaque mois à ce relais. » Selon le maire, le concept répond donc à un besoin local. Hors cette décision d’arrêter les prises de photos, c’est exactement l’inverse.

Brûlon n’a pas de photographe ni d’appareils automatiques pour cela. « Désormais, pour faire un passeport, on dira au demandeur d’aller se faire prendre en photo à Sablé-sur-Sarthe, d’acheter son timbre fiscal à Loué et enfin de venir à la mairie de Brûlon » souligne le maire.
Par ailleurs, Daniel Coudreuse dit « comprendre la crainte des photographes » mais selon lui, il y aurait une distinction à faire entre les grandes villes et les plus petites. Daniel Coudreuse plaide ainsi « l’exception rurale ». Une belle image.

Bruno MORTIER