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Le Mans Torreton et les mots de Leprest Grâces leur soient rendues

0 29.11.2014 10:46
  • Philippe Torreton sur le scène de L'espal. Photo "Le Maine Libre" Olivier Blin


  • Le comédien était accompagné sur scène par le percussionniste Edward Perraud. Photo "Le Maine Libre", Olivier Blin


Sur la scène de L’espal, Philippe Torreton et Edward Perraud ont offert un spectacle bouleversant, hommage aux textes du chanteur Allain Leprest.

Longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu… », chantait Trenet. La complainte sied à Allain Leprest dont les mots sidèrent encore ceux qui les écoutent. Formidable passeur, Philippe Torreton incarne le verbe incandescent du chanteur normand, brûlé jusqu’à en disparaître au zénith de l’été 2011.

Un texte magnifique par un grand comédien

Sans nul effet superflu, le comédien entretient la vibration une heure trente durant, avec pour seule escorte les sons du percussionniste Edward Perraud. La force de ce spectacle bouleversant tient dans cet art du dire le texte jusqu’à l’essorer, jusqu’à en dessiner chaque contour, tantôt en douceur, tantôt en violence contenue.

Campé dans son veston noir, terrien, Philippe Torreton habite l’univers sombre d’Allain Leprest. Ses mains sculptent les images, saisissent les mots jusqu’à faire surgir des histoires nocturnes de solitaires. On croise un chien d’ivrogne et des putains, des cœurs battant en balancier pour dire des amours que le temps égare, des rêves de poète qui s’effilochent.

Philippe Torreton évoque la pluie qui tombe dru sur la Manche et la salle est mouillée. Il remonte le col du veston, rabat les pans sur sa poitrine, et la salle frissonne à l’unisson, « une maille à l’endroit, une maille à l’hiver… » Magie de l’incarnation d’un texte magnifique par un grand comédien.

Le plateau de L’espal est ainsi traversé de clochards, d’espoirs étrillés, d’amours brinquebalantes, de bouteilles vides et de questions sans réponses servies au zinc entre deux parties de 421. Des marlous pas méchants titubent regard vers les étoiles. Très importantes, les étoiles accrochées au revers des vagabonds cabossés.

La voix de Torreton donne chair à ces divagations rimbaldiennes tandis qu’Edward Perraud ajuste la finesse de sa présence aux percussions, grain de fantaisie ajouté à ce beau chapelet poétique.

Frédérique Bréhaut

 

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