A 21 ans, le Manceau Guillaume Renusson vient de réaliser un court-métrage remarqué par Allociné.
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Dès son premier film, Guillaume Renusson a dirigé Hélène Vincent et Marius Colucci, dans une histoire subtile sur la fin de vie.
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A 21 ans, le Manceau Guillaume Renusson vient de réaliser un court-métrage remarqué par Allo Ciné.

Sous son allure de jeune homme de bonne famille, Guillaume Renusson a de la suite dans les idées et assez de détermination pour les mener à terme.

À 21 ans, ce jeune khâgneux qui a suivi ses humanités au lycée Montesquieu vient de réaliser son premier court-métrage. Casting choisi, décor prestigieux et réalisation soignée : le débutant signe un film très abouti.

Le bureau de Gaston Gallimard

La passion, ajoutée à la résolution, ouvre bien des portes. C’est ainsi que sans réseaux dans le monde du cinéma, Guillaume a convaincu Hélène Vincent (César pour « La Vie est un long fleuve tranquille »), Henri Courseaux (Molière pour « La nuit des rois »), Marius Colucci (« Les petits meurtres d’Agatha Christie ») et Vanessa Guide (Talent Cannes-Adami 2012) de composer le générique.

« J’étais très impressionné par ma rencontre avec Henri Courseaux. Ma seule arme pour le décider, c’était de défendre mon projet. Ensuite, notre intérêt commun pour Tristan Corbière nous a rapprochés. Quant à Hélène Vincent, mon enthousiasme l’a convaincue à la seule condition d’avoir un comédien connu dans le rôle de son fils. Elle m’a mis la pression… », se souvient Guillaume.

« J’ai pensé à Marius Colucci qui a accepté immédiatement. » Ce casting racé donne une idée du pouvoir de persuasion du jeune réalisateur, car il s’agit de contributions gracieuses complétées par le petit frère, Alexandre, doté d’une étonnante présence.

Une production de 200 €

Le décor ? Le bureau d’Antoine Gallimard, (jadis celui de Gaston) ainsi que le jardin de la maison d’édition, se sont ouverts au jeune manceau.

On peut avoir du talent, le facteur chance joue aussi. La rencontre avec Margot Gallimar a été déterminante.

« J’ai mesuré l’honneur de tourner dans ce lieu chargé d’histoire. » La veille du week-end de tournage, Guillaume avoue avoir cherché le sommeil. « Nous avions tout préparé, mais il y a toujours un truc qui ne marche pas, comme ce travelling auquel il a fallu renoncer. J’ai découvert les vertus des plans B, et même C ou D quand il faut trouver une solution immédiate. »

Épaulé par une équipe juvénile d’une vingtaine d’années, Guillaume Renusson a réalisé le film qu’il avait imaginé, « dans une bonne ambiance très sereine ». Au final, les 7 minutes de « Un retour en avant » ont coûté 200 €, dont la moitié pour la location d’une grue.

« Chacun a participé à cette aventure par passion. Je suis encore étonné que de tels acteurs aient accepté. » Son caractère ouvert n’est pas étranger à l’adhésion qu’il suscite.

Frédérique BREHAUT

 

« J’aime être le capitaine du navire »

Ses références oscillent entre Hitchcock, Truffaut et Terrence Malick. Mais de son aveu, ce qu’il aime par-dessus tout « c’est raconter des histoires ».

Guillaume, brillant élève sur les bancs de Sciences Po, a vite compris que sa voie l’emportait ailleurs.

« Je voulais écrire et réaliser un film, être le capitaine d'un navire. Cette première expérience a été une révélation. Depuis l’écriture du scénario aux décors, aux costumes ou à la lumière, j’ai voulu tout ce que l’on voit. »

Humble mais tenace, Guillaume a réussi au-delà de ses espérances. « Ses » comédiens l’ont félicité du résultat, et phénomène rare pour un court-métrage, le site Allociné l’a intégré à sa page « News » avec un commentaire très élogieux, saluant « un réalisateur débrouillard ». En quelques jours, plus de 1 800 vues ont témoigné de l’intérêt porté au film, destiné désormais à tracer son chemin dans les festivals.

En octobre, Guillaume reprend ses études. Recalé d’un cheveu à la Fémis, il va suivre un master en écriture de scénario tout en préparant son prochain film, un long métrage, cette fois.

« Je veux consacrer un biopic à Patrick Dils. Je l’ai rencontré et son parcours hors normes m’a touché. » Guillaume sait où il va.