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Le Mans Jean-Christophe Rufin au Mans ce vendredi après-midi

0 29.05.2015 13:34
« Aujourd’hui, il y a de nombreux pays où les humanitaires peuvent laisser leur peau »

« Aujourd’hui, il y a de nombreux pays où les humanitaires peuvent laisser leur peau »

Photo C. Hélie Gallimard.

Médecin, écrivain, diplomate aux multiples vies, Jean-Christophe Rufin est l’invité du Cercle Montesquieu. L’occasion de parler de son dernier roman « Check-point » inspiré par l’humanitaire.


"Le Maine Libre" : « Check-point » raconte une mission humanitaire périlleuse en Bosnie. Sous le romanesque, vous retrouvez un territoire que vous connaissez bien.

Jean-Christophe Rufin : Le thème de l’humanitaire m’avait déjà inspiré « Les causes perdues » il y a vingt ans. L’origine d’un livre est toujours un peu compliquée. On vit une expérience ; on croit l’avoir oubliée et, soudain, ça ressurgit sans raison particulière. « Check-point » reste un sujet très actuel même si la guerre de Bosnie est finie.

Votre roman montre cinq personnes engagées dans une mission humanitaire avec des motifs très différents. La réalité rejoint le romanesque ?

La conception classique de l’engagement humanitaire, c’est le secours aux victimes. Mais la réalité est plus complexe. Comme mes héros, certains veulent défendre l’économie d’un pays, d’autres épousent la cause d’un camp. Il y a des idéalistes et des altruistes. Et parfois aussi des motivations plus souterraines menées par des apparatchiks, des infiltrés, des gens véreux… Il ne faut pas croire que les ONG ne sont peuplées que de saints laïcs. Ceux qui s’élancent avec une vision romantique sont vite déçus.

Qu’est-ce qui a changé depuis les débuts de Médecins Sans Frontières dont vous êtes l’un des pionniers ?

Tout est radicalement différent. Aujourd’hui les structures sont bien mieux organisées, ce qui était loin d’être notre cas au détriment de l’efficacité, d’ailleurs. Quand vous êtes à 6 000 kilomètres, mieux vaut avoir de bons relais logistiques. Nous, nous étions encore dans l’esprit post-soixante-huitard : très militants, très désorganisés et passionnés. Depuis, les organismes se sont institutionnalisés, structurés, avec des directeurs, des chefs de service… On voit aussi que les enjeux financiers influencent les choix des missions.

La situation géopolitique est-elle plus complexe ?

Pas plus complexe, mais plus dangereuse. Il y a des pays où on ne peut plus mettre les pieds : Syrie, Libye, Mali, Mauritanie… La liste des endroits où on peut laisser sa peau est longue. Pour atteindre des victimes, il faut se frayer un chemin dans une réalité périlleuse, déjouer des chausse-trapes. C’est ce que je voulais montrer aussi avec « Check-point », en donnant une dimension reportage sans négliger le suspense. J’ai choisi la Bosnie car je voulais rester à l’écart d’une actualité brûlante avec le risque d’être démenti par les faits. Et puis, je garde tant de souvenirs de la Bosnie. C’est un endroit qui m’a marqué.

Propos recueillis par Frédérique BREHAUT

« Check-point », Gallimard. Conférence de Jean-Christophe Rufin ce vendredi 29 mai à 18 heures, salle Forum des Quinconces. Sur réservation uniquement : cercle.montesquieu.lemans@gmail.com. Rencontre dédicace chez Doucet à 15h15.

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