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Le Mans Interview de Romain Charles (Mars 500) : "520 jours coupé du monde"

0 13.03.2013 18:14
Romain Charles, au premier plan à droite, a été enfermé avec cinq autres personnes pour tester la résistance  des humains à un voyage sur Mars.

Romain Charles, au premier plan à droite, a été enfermé avec cinq autres personnes pour tester la résistance des humains à un voyage sur Mars.

Photo DR/ESA

L’ingénieur mayennais sera jeudi au Mans pour une conférence organisée par le club d'astronomie de l'université du Maine. Il racontera la passionnante aventure qu’il a vécue lors de la simulation du voyage sur Mars par six astronautes dont il faisait partie.

« Le Maine Libre » : Quel a été votre parcours avant d’intégrer la mission Mars 500 ?

Romain Charles : Je suis originaire de la Mayenne. J’ai fait ma classe prépa maths au Mans avant de faire une école d’ingénieur. j’ai travaillé quelques années dans l’automobile avant d’être sélectionné il y a trois ans par l’agence spatiale européenne pour le projet Mars 500.

Quel était ce projet ?

Il s’agissait d’un programme expérimental russe qui simulait le voyage aller et retour vers la planète Mars. Cette expérience avait pour but de s’assurer des capacités physiques et mentales des humains à résister aux conditions d’enfermement et d’isolement. Avec trois Russes, un Chinois et un Italo-Colombien, après des tests de sélection, psychologiques et médicaux et un entraînement scientifique, nous avons donc été enfermés dans une capsule pendant 520 jours, du 3 juin 2010 au 4 novembre 2011.

Comment avez-vous vécu ces 520 jours coupé du monde ?

Plutôt bien dans l’ensemble. Ça n’a pas été toujours facile pendant ces 520 jours, mais on était six lorsque l’on est rentré et on était toujours six lorsqu’on est sorti. On travaillait toujours aussi efficacement ensemble. Il n’y a pas eu de conflit. Je pense que ça a été une surprise pour les psychologues qui nous suivaient. Les différences culturelles, au final, ça a été une vraie richesse car on avait vu et vécu tellement de choses différentes qu’on avait des sujets à foison. On pouvait parler de notre éducation, des traditions, du travail… Surtout on ne regardait pas les 520 jours, ça aurait été trop difficile. On vivait au jour le jour.

Comment se déroulaient les journées à bord ?

À l’intérieur, on vivait nos journées comme à l’extérieur. On se levait le matin, on allait travailler c’est-à-dire faire des expériences scientifiques. Et le soir, on regardait des films, on pouvait lire, écrire… 8 heures de travail, 8 heures de temps libre, 8 heures de sommeil. Des journées tout à fait normales.

Quel a été le souvenir le plus marquant ?

Notre arrivée sur Mars le 1er février 2011 ! On simulait un voyage sur Mars et dans le scénario virtuel que l’on avait, on avait envoyé en avance un module d’atterrissage martien, qui avait été rempli avec de la nourriture. De façon très terre à terre, après huit mois à avoir accès aux trois mêmes modules, on avait accès à un nouveau rempli de nourriture ! C’était un second noël ! Ce jour-là a été vraiment génial, également par la symbolique de l’arrivée sur Mars.

Comment fêtiez-vous les événements ?

On fêtait le plus de choses possibles en fait. Quand on est si longtemps en confinement, il y a une routine qui s’installe assez rapidement et une certaine monotonie que l’on pouvait contrecarrer avec les événements. Pour les anniversaires, on avait une tradition de s’offrir un petit cadeau le matin, un poster personnalisé, ce genre de choses. Les fêtes étaient intéressantes parce qu’on avait une équipe internationale et donc, nous avions Noël, le nouvel an, le nouvel an chinois, le Noël orthodoxe, l’ancien nouvel an orthodoxe… La fin d’année 2010 et le début d’année 2011 a été vraiment riche en fêtes !

Comment avez-vous vécu la sortie au bout de 520 jours ?

Nous sommes sortis en tout début d’après-midi. La matinée, j’avais gardé le plus de choses à faire. Assez rapidement, j’étais prêt à sortir et les dernières heures ont été extrêmement longues. La sortie était impressionnante. On avait vu personne pendant aussi longtemps et juste en sortant, il y avait un mur de gens, plein de journalistes, plein de monde. J’avais beaucoup de pression car je devais prendre la parole. J’avais les jambes en coton. Mais ça a été que du bonheur de revoir tout le monde, de pouvoir embrasser ma famille. J’ai redécouvert plein de sensations que je n’avais pas eues pendant 18 mois.

Êtes-vous prêt à aller réellement sur Mars un jour ?

Si on me le propose, je signe tout de suite !

Propos recueillis par
Mathilde BELAUD

 Conférence sur Mars 500, jeudi 14 mars, à 20h30,
amphithéâtre Robert-Garnier, Université du Maine
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