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Le Mans FC Pas d’enquête pénale mais plusieurs dossiers suivis par la justice

1 15.10.2014 18:59
Photo archives "Le Maine Libre", Olivier Blin

Henri Legarda, ancien président du Mans FC.

Il y a un an, le 15 octobre 2013, le tribunal de commerce du Mans prononçait la liquidation judiciaire du Mans FC. La fin d'un rêve qui s'est transformé en cauchemar pour un club passé en quelques années de la Ligue 1 à la DH, transformant du même coup le superbe écrin du MMArena, construit pour lui, en boulet.

Un an après, la justice s’intéresse-t-elle toujours au dossier du Mans FC ? Concernant l'ex-président du club, Henri Legarda, qui ne fait plus aucune déclaration publique, « il n’y a jamais eu d’ouverture d’enquête au niveau pénal contre lui », souligne-t-on au Parquet du Mans. « Pour ouvrir une enquête, il faut avoir une suspicion d’infraction. On ne peut pas faire un dossier sur rien. Un mauvais gérant n’est pas forcément un escroc ».

Alain Pigeau, ex-candidat UDI aux élections municipales au Mans, lui-même avocat, s’étonne. « Il y a des petits chefs d’entreprise qui sont poursuivis pour moins que ça. Là, c’est un silence de cimetière. Personne n’a vraiment envie de savoir pourquoi on est arrivé à une telle déconfiture. Les Manceaux auraient eu le droit de savoir ».

« La loi du milieu du foot »

De son côté, le maire du Mans, Jean-Claude Boulard, ne souhaite manifestement pas s’étaler sur le sujet. « J’entends dire des choses mais comme je n’ai pas les moyens de vérifier, je ne véhicule pas ces informations ».

Du côté du tribunal de commerce du Mans, en tout cas, le dossier du Mans FC est toujours suivi, notamment par un juge-commissaire. « Il n’y a aucun soupçon à l’encontre d’Henri Legarda », assure Maître Franklin Bach, mandataire judiciaire désigné liquidateur du club. « On n’a pas de preuve qu’il ait fait une erreur, rien qui puisse être soulevé dans l’optique d’une sanction ». Selon lui, l’ex-président du Mans FC a « subi la loi du milieu du foot, comme c’est arrivé à d’autres avant lui et comme ça arrivera à d’autres ».

Tandis qu’il y aurait des sommes à récupérer au titre des transferts de joueurs, une procédure a également été engagée pour obtenir le rejet de la date de cessation des paiements. Celle-ci n’a en effet été prononcée qu’après une demande émanant de l’URSSAF alors que le placement en redressement judiciaire aurait pu être décidé bien avant, que ce soit à la demande du Ministère public, des créanciers, des organismes sociaux ou… du dirigeant lui-même. Or cela n’a pas été fait : ni les fournisseurs, ni le président du club ni le Ministère public n’ont bougé.

Y a-t-il eu accord tacite pour poursuivre l’activité et ne pas « fausser » le championnat en cours, malgré la situation de l’entreprise ? Une autre question se pose, parmi tant d’autres : pourquoi la Fédération française de football (FFF) n’a-t-elle pas appuyé sur le frein plus tôt, infligeant en revanche par la suite au club une descente tellement brutale qu’elle le privait de toute solution de redressement ? L’affaire pourrait donc très bien encore rebondir, cette fois-ci devant le tribunal administratif…

Natacha LONGERAY et Bruno MORTIER

UNE PROCEDURE ENGAGEE CONTRE LA FFF

Au nom des créanciers ainsi que des anciens actionnaires du Mans FC - dont fait partie Henri Legarda - le liquidateur judiciaire, Me Franklin Bach, a lancé une action en justice à l’encontre des instances dirigeantes du football français. Il reproche aux autorités du football français, la Fédération française de football (FFF), la Ligue de football professionnel (LFP), ainsi qu’à la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion), de ne pas avoir respecté les décisions du tribunal administratif de Nantes. Et ce, lors du premier passage du club devant la juridiction en août 2013. « Le juge avait réclamé une mesure conservatoire, à savoir laisser le club en National afin de lui permettre de recouvrir son passif (NDLR : de plus de 14 millions d’euros) », explique Me Bach. « La FFF n’a pas tenu compte de l’avis du tribunal administratif de Nantes. Et nous considérons que c’est une erreur de droit ». Le procès ne débouchera toutefois « pas avant deux ans », souligne le liquidateur. Par ailleurs, des procédures de recouvrement sont en cours auprès de clubs étrangers que ne se sont apparemment pas acquittés de toutes les indemnités de transfert de d’anciens joueurs manceaux. Il s’agit en l’occurrence du club suisse de Sion au sujet du transfert de Fousseyni Cissé et du club belge de Zulte Waregem en ce qui concerne l’échange d’Idrissa Sylla. Au terme de ces différentes procédures, le liquidateur prévoit de récupérer « environ 2,5 M€ », destinés à rembourser des créanciers. Pour partie, du moins…

Alexis BABIN

COMMENTAIRE : Pas de responsables, pas de coupables

Ceux qui s’imaginaient que le fiasco du Mans FC se solderait par une minute de vérité en resteront pour leurs frais. Ainsi va la vie dans le monde merveilleux du foot business et de la politique spectacle. Sans doute ne connaîtra-t-on, dans cette affaire, ni responsables ni coupables. Les contribuables continueront de payer la facture d’un stade transformé en boulet. L’ex-patron du club restera aux abonnés absents. Quant au maire du Mans, il continuera d’expliquer qu’il n’est pour rien dans cette histoire. Une telle chape de plomb ne fait en réalité qu’alimenter les théories du complot. Chacun y va dès lors de son hypothèse, faute de pouvoir prouver quoi que ce soit. La presse (c’est pratique) est accusée de tout savoir mais de ne rien dire. Les politiques se gardent bien de soulever le couvercle. Et la justice ne semble pas très pressée de tirer tout cela au clair. La conclusion de toute cette histoire ? Circulez, il n’y a rien à voir !

Jérôme GLAIZE

Retrouvez ce mercredi notre enquête dans les éditions papier et numériques du "Maine Libre"

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