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Le Mans De 6 mois à 3 ans de prison ferme pour les "tortionnaires"

0 21.03.2013 15:47

Les quatre protagonistes d’actes de violence et de séquestration commis samedi dernier aux Sablons ont été condamnés à de lourdes peines, mercredi.

Pour leurs défenseurs, c’est « l’histoire de la dérive sociale de quatre paumés qui s’est terminée par un dérapage collectif et au final, heureusement, une ITT d’une seule journée ». L’analyse est bien différente pour la partie civile, défendant « la victime d’un gang de barbares qui a imaginé un véritable guet-apens, un traquenard pour mieux la battre et l’humilier ».

Les quatre prévenus qui comparaissaient mercredo devant le tribunal correctionnel auraient effectivement pu se retrouver devant la cour d’assises si leur victime avait été un peu moins solide. Car elle a en effet dû subir pendant plusieurs heures des humiliations, des coups, et une séquestration qui auraient pu la démolir davantage.

Les violences filmées avec le portable

Samedi midi, dans un appartement de la rue Lagrange, dans le quartier des Sablons au Mans. La locataire de l’appartement, 28 ans, est en compagnie de son nouveau copain, 26 ans. Elle a également invité son frère, 35 ans et son cousin, 38 ans.

Tous sont sans emploi, partageant leur vie entre la manche et la télé. Ce midi-là, samedi dernier, c’est séquence apéro. Au programme : un litre de whisky descendu à quatre et quelques joints roulés.

Puis on décide de s’amuser ! On décide d’inviter, via Facebook, une ancienne relation amoureuse de la locataire qui se trouve être en même temps un solide ennemi du nouveau compagnon. La future victime quitte son kebab mayennais de Vaiges pour rejoindre l’appartement manceau. Il est 14h30 et le comité d’accueil est en place.

Gnons, patates, beignes, coups de pied, baffes

Devant le tribunal, hier, les témoignages des prévenus, à tour de rôle, sont éloquents. La femme : « Je lui ai mis trois claques et deux coups de pieds. »

Son copain : « Je lui ai mis plusieurs patates. Il m’énervait. J’avais un compte à régler. » Son cousin : « Je lui ai mis une claque, puis un pain. » Son frère : « Je lui ai mis deux beignes et quelques coups de pied. Il avait traité ma sœur de pute. »

La scène va s’intensifier en horreurs devant l’enfant d’un des prévenus. Les « gnons », les « baffes », les « patates » pleuvent comme autant de pains. Les scènes de violence vont durer plus de deux heures et la victime, âgée de 25 ans, sera « invitée » par ses tortionnaires à lécher son propre sang, à nettoyer son vomi. Tout le monde se marre dans l’appartement. Sauf la victime.

On l’oblige à donner sa carte bleue, son code, ses clés de voiture, sa voiture, 50 €. On la recogne. On l’empêche de sortir. On filme toutes les scènes de violence. On rigole. On emmène la victime en voiture, on la laisse, chancelante au niveau du Palais des congrès. On revient à l’appartement avec une nouvelle bouteille de whisky. On boit. On rigole encore devant le film des violences.

Le malheureux « invité » arrivera à prévenir les gendarmes. Il s’en tirera avec de multiples contusions et un gros traumatisme psychologique. Les quatre prévenus ont été condamnés à des peines oscillant entre trois ans et six mois de prison ferme. Ils ont rejoint directement la maison la maison d’arrêt.  

Jean-Benoît GAYET 

 

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