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Le Mans 10 ans de réclusion pour avoir abusé de plusieurs jeunes filles

0 22.09.2012 10:17

Au terme de deux jours de procès devant les assises, Philippe Martel, 54 ans, qui comparaissait libre, est parti en maison d’arrêt vendredi soir.

"Pédophile un jour, pédophile toujours. » Hier matin, l’expert psychiatre qui a examiné Philippe Martel n’y est pas allé par quatre chemins, alors qu’on l’interrogeait sur les risques de récidive du quinquagénaire. À 77 ans, ce spécialiste a expertisé bien des délinquants sexuels, et c’est un discours résolument pessimiste qu’il a tenu, sans langue de bois, devant la cour et les jurés.


« Un pédophile ordinaire »

Un élément pas forcément de nature à rassurer sur l’avenir de l’accusé, qui, pendant une vingtaine d’années, a multiplié les abus sur plusieurs jeunes filles. Certaines ont été violées à Ecorpain, ou à Semur-en-Vallon, d’autres ont été agressées sexuellement, dans le secteur de Saint-Calais ou de Bouloire. Lors du procès, on a même compris, peu à peu, que Philippe Martel, qui a reconnu la grande majorité des faits, passait beaucoup de temps à traquer fillettes ou adolescentes. « Comme un prédateur omniprésent », relève Me Godard, avocat de la partie civile.
« On le trouvait partout où il y avait des enfants, des jeunes. Nous avons là un pédophile ordinaire. Un homme à la pédophilie assumée, vécue au quotidien. » « Quelqu’un qui savait choisir des victimes fragiles. Un prédateur qui avait toujours le même process. Ses actes n’étaient pas spontanés ; tout était organisé », poursuit Me Moine, avocate elle aussi de la partie civile. Et comme c’est classique dans ce genre d’affaires, « il y avait les cadeaux, ou l’argent pour acheter les faveurs ou le silence des fillettes. »

Anabelle Aubry, l’avocat général, parle pour sa part de « parcours de vie, pour lequel on se donne les moyens et les stratèges pour trouver les victimes idéales. »
Elle poursuit : « Philippe Martel fait peur. C’est quelqu’un qui a des pulsions, et il ne peut plus s’en cacher. Nous n’avons peut-être pas découvert toutes ses victimes. » Une hypothèse. Seulement, prévient Me Paré-Duval pour la défense, « vous devez juger aujourd’hui mon client uniquement sur les faits reprochés, et pas sur des suppositions. Vous devez aussi prendre tout le recul nécessaire, et ne pas vous identifier aux victimes. »
En milieu d’après-midi, 10 ans de réclusion criminelle, et 10 ans de suivi socio-judiciaire, sont requis. Avant que la cour et les jurés ne se retirent pour délibérer, Philippe Martel se lève une dernière fois : « Je regrette. J’ai compris, j’ai fait un an de prison. Maintenant, je ne bouge plus. »
Après avoir purgé un an de détention provisoire en 2009, il est retourné derrière les barreaux, condamné à 10 ans de réclusion criminelle et à 5 ans de suivi socio-judiciaire.

Nicolas FERNAND

 

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