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Le Lude Franck Provost coiffe les étoiles mais garde les pieds sur terre

0 30.07.2012 11:38
Paris, juillet 2012. Franck Provost a su mener de très belle manière sa carrière mais se dit avant tout coiffeur.

Paris, juillet 2012. Franck Provost a su mener de très belle manière sa carrière mais se dit avant tout coiffeur.

Photo DR

Le coiffeur, né au Lude, est aujourd’hui à la tête d’un empire mais il n’oublie jamais d’où il vient. Il partage son enthousiasme et défend aussi les vertus de l’apprentissage.

Il se souvient encore des odeurs de laque et d’ammoniac du salon de coiffure du Lude où il a débuté et du sol en Balatum qu’il fallait sans cesse décaper.

C’est sa mère qui lui a proposé un jour ce poste en apprentissage. « Je ne connaissais pas du tout ce métier et je n’étais jamais rentré dans un salon de coiffure pour dames. »


La mode, c’est à Paris


Ce n’est pas LA révélation pour le jeune Provost mais il va partir quand même ensuite à La Flèche, un an, comme « débutant coiffeur ».

Pourquoi pas, se dit-il sans doute, lui qui n’a pas encore le feu sacré. « Un jour mon père me dit : tu sais, la coiffure, c’est un métier de mode et la mode, ça ne se passe pas au Lude ou à La Flèche, c’est à la capitale. »
A Paris, Franck Provost se met alors au travail. Il intègre le cercle des arts et techniques, un club de coiffeurs, et va enchaîner dès lors les concours nationaux et internationaux. « Ce qui m’intéressait, c’est l’esprit de compétition en fait, l’envie de me mesurer aux autres », dit-il aujourd’hui, à la tête de 2 500 salons de coiffure dans le monde entier.

Il obtient son premier titre de champion du monde de la coiffure en 1977, deux ans après avoir ouvert son premier salon à Saint-Germain-en-Laye : « J’ai eu beaucoup de chance. »
Il aurait pu faire carrière dans la restauration. « Ça m’aurait intéressé. Là aussi, il y a des concours. » Coiffeur ou chef d’entreprise Franck Provost ? « Un peu les deux, c’est vrai, même si je me considère avant tout comme coiffeur. L’erreur, ce serait de se prendre pour un business man. »
L’univers des stars et des paillettes aurait pu aussi le faire vaciller. « Sacrée soirée », le festival de Cannes, « Star academy », Franck Provost se fait une place partout. Mais, le coiffeur des stars passe de la chevelure de Sharon Stone à l’ouverture d’un nouveau salon en province avec la même facilité, le même naturel.
« Il faut être passionné, travailler toujours. Ce métier permet de gravir les échelons. On a beaucoup plus d’avenir dans nos métiers que dans l’univers de la banque. » Franck Provost s’est mis au service de l’apprentissage et de la formation. Il a lancé l’an dernier, avec la ministre Nadine Morano, le Club de l’apprentissage.
« A un moment, la passion se déclenche. On ne trouve pas tout de suite sa voie, on a le droit de se tromper de chemin. Il faut penser à ces jeunes qui veulent changer de métier. Ceux-là, ils sont très motivés. »
Il est aujourd’hui président du conseil national des entreprises de coiffure, une organisation patronale. « Ça me permet d’approcher les ministères », glisse Franck Provost avec des idées sur l’apprentissage à faire avancer.

Il n’oublie jamais d’où il vient. Sa maman vit toujours en Sarthe et vient de fêter ses 92 ans. Un frère au Lude, une sœur à Château-du-Loir, « je reviens toujours avec plaisir en Sarthe, j’y suis attaché. Cela ne vous quitte jamais dans la vie. »
L’apprenti du Lude tutoie les étoiles mais a su garder les pieds bien sûr terre.

Serge DANILO

 

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