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La Ferté "Le Stade de France, c'était notre cadeau, parce qu'on avait gagné"

1 17.11.2015 06:39
Benoît Gourdin, l'entraineur du VS Fertois, encore sous le choc.

Benoît Gourdin, l'entraineur du VS Fertois, encore sous le choc.

Toute l’équipe première du club de foot de La Ferté-Bernard était au Stade de France vendredi soir. Quatorze joueurs et deux dirigeants dont Benoît Gourdin, l’entraîneur du VSF, encore sous le choc presque 72 heures après les attentats de Paris. Il témoigne.


« Le Stade de France, c’était notre cadeau, parce qu’on avait gagné la Coupe du Maine l’an dernier. La Ligue nous a offert les places pour le match France - Allemagne. Un déplacement avec les filles de Changé 72 et les garçons de Changé 53, vainqueurs du challenge du Maine. » Benoît, d’ordinaire réservé, a besoin de parler. « C’est fou, je n’en reviens toujours pas. On était parti pour s’amuser entre copains, on a quitté les tribunes avec la peur au ventre. »

En sécurité à la maison

Il poursuit : « Je me suis senti en sécurité seulement une fois rentré à la maison. Il était 3 h 15 du matin samedi, j’ai poussé la porte et je me suis assis. J’ai regardé tout autour de moi, j’avais besoin d’être rassuré par ce qui m’entoure, et ceux qui m’entoure. Aujourd’hui, je ne pense plus qu’à ça. Les autres aussi. On s’est revu depuis, on a joué dimanche. On n’avait pas l’énergie ni la concentration. Je n’étais pas pour, mais ça nous a fait du bien de tous nous retrouver. »


« On s’est fait piétiner, on a bousculé des gens »


Depuis le drame, Benoît a la tête ailleurs. « Je vois encore la panique dans les yeux, nous les premiers. On s’est retrouvé dans un mouvement de foule. Il a fallu courir, on s’est fait piétiner, on a bousculé des gens, certains sont tombés. Peut-être des femmes, des enfants, je n’en sais rien. On pensait qu’à une chose, rester ensemble et sortir le plus vite possible. Le parking paraissait loin, les tunnels étaient fermés, il y avait des barrières au sol. Jamais je n’aurais pensé vivre ça. Dylan et Antoine, les deux plus jeunes, sont très marqués. Eux surtout, on ne devait pas les lâcher, on en a tiré un par l’épaule. On est arrivé les premiers au bus, on s’est réfugié à l’intérieur, on avait qu’une envie qu’il démarre et nous ramène. On a jamais aussi bien travaillé le bloc équipe, c’était automatique. »


Message d’un père de joueur CRS


Pourtant, tout avait bien commencé : « Il y avait tellement de monde, des files d’attente de 50 mètres aux caisses avant le coup d’envoi. On est arrivé juste avant les hymnes et l’entrée des équipes sur le terrain, il y avait une bonne ambiance. Puis la première explosion. On a pensé que c’était un pétard dans le camp des supporters allemands, on n’était pas loin. La seconde détonation était plus forte. Des spectateurs ont grimpé les marches pour regarder ce qu’il se passait d’en haut, ils sont redescendus sans s’inquiéter. En fait, c’est à la mi-temps qu’on s’est posé les premières questions. Le réseau était saturé, avec 80 000 personnes, ça paraissait là encore normal. Mais après la mi-temps, on a reçu les messages de nos proches. D’abord celui d’un père de joueur, il est CRS. Puis une fois partis, on a traversé des rues désertes, toutes les boutiques étaient fermées à Saint-Denis, un soir de match, c’est pas normal. »

Karine TERTRE

Commentaires (1)

Chacun pour soi
forhand mar, 17/11/2015 - 11:37

"Il a fallu courir, on s’est fait piétiner, on a bousculé des gens, certains sont tombés."
ceci est le résumé du comportement d'une foule en panique et qui ne regarde même pas sur qui ou quoi elle marche, parce que dans sa tête elle n'a qu'une idée "chacun pour soi".
Quand on a une meute en panique, il vaut mieux rester à sa place ou essayer de s'en dégager et attendre en retrait son passage . Quand on vit depuis longtemps à Paris on a appris depuis longtemps à éviter les attroupements d'hystériques avec grands mères, poussettes et bébés.
Par bêtise, Ils sont aussi dangereux que la menace !

 

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