Recevez gratuitement la lettre d'information générale du Maine Libre.
Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Je m'inscris !

Justice Maître Véronique Sousset prend la direction de la prison de Nantes

1 13.08.2012 15:51
Véronique Sousset était l’une des avocates d’Eric Sabatier, le père de la petite Marina.

Véronique Sousset était l’une des avocates d’Eric Sabatier, le père de la petite Marina.

Photo "Le Maine Libre" - Olivier Blin

Avocate depuis 2008 à Morlaix puis au Mans, Véronique Sousset s’apprête, à 39 ans, à redevenir directrice d’un centre pénitentiaire, son métier d’origine.

« Dans une vie professionnelle, il faut avoir plusieurs vies », explique de sa voix grave et posée cette grande femme qui « fonctionne au défi ».

Avec un DEA de droit pénal et sciences criminelles, elle intègre la pénitentiaire. Première au concours d’entrée des directeurs des services pénitentiaires, elle suit deux ans de formation avant de rejoindre sa première affectation, au centre pénitentiaire de Caen : 427 détenus dont 80 % de délinquants sexuels.

Véronique Sousset arrive là-bas avec ses convictions, notamment « l’envie que la prison soit utile, pas seulement un lieu de relégation ». Elle part ensuite à la maison d’arrêt de Brest avant de rejoindre en 2006 la direction interrégionale pénitentiaire de Rennes où ses fonctions la mettent en contact étroit avec les avocats.

Et, après neuf années de pénitentiaire, elle va en neuf mois préparer sa nouvelle vie, et finalement prêter serment, rêvant de droit pénal.

« Je crois en l’Homme »

Elle va officier à Morlaix (Finistère) puis au Mans. Sa passion, c’est le verbe. Chez elle, elle écrit, mais au tribunal, elle met toute sa passion dans ses plaidoiries.

En juin, elle était l’une des avocates d’Eric Sabatier, condamné aux assises de la Sarthe avec son ex-femme à 30 ans de réclusion pour avoir torturé à mort Marina, leur fillette de 8 ans.

Il risquait la peine à perpétuité, une peine dont l’avocate a fait son ennemi juré, forte de son expérience dans sa vie précédente. « La perpétuité, c’est la peine de mort sociale. Quand il y a une fin de peine, ça change beaucoup de choses et moi, je crois en l’Homme », assure-t-elle.

À l’occasion, lors de ses plaidoiries, elle sort sa phrase fétiche : « Je connais la prison, j’en suis sortie il n’y a pas longtemps. »

En prison, elle va y retourner, après cette « formidable expérience », cette « parenthèse enchantée ». À la fin de l’été, elle prendra les rênes du centre pénitentiaire de Nantes.

Avec un nouveau regard certainement sur ces détenus de longues peines pour les avoir rencontrés… de l’autre côté du miroir.

 

Commentaires (1)

contrevérités
zorrro (non vérifié) jeu, 03/01/2013 - 15:44

Mme Sousset n'a pas du tout été nommée directrice du centre pénitentiaire (CP) de Nantes, mais seulement, et conjointement, directrice d'un des quartiers de ce CP : le centre de détention. Le chef de l'établissement a dû apprécier l'article...

Je tiens également à préciser qu’Eric Sabatier ne pourra pas bénéficier des dispositions concernant la suspension ou le fractionnement de sa peine, du placement à l'extérieur, de permissions de sortir, de semi-liberté et de libération conditionnelle, pendant une période de sûreté de 20 ans, alors que cette période aurait été moindre (18 ans) si toutefois il avait été condamné à perpétuité. Les jurés ont, en effet, été plus sévères que l'avocat général qui avait requis 30 ans de réclusion avec une peine de sûreté de 15 ans ou la perpétuité avec 18 ans.

 

inscription à la lettre d'information générale
logo Le Maine Libre

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement la newsletter Le Maine Libre.

Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.