Il a démasqué François Fillon sur Twitter
En procédant par élimination, Stéphane Marchau, qui vit à Jans (Loire-Atlantique), a découvert le pseudo de François Fillon sur Twitter. Il raconte.
À l’entendre, c’était simple comme bonjour. Un peu de bon sens, de savoir-faire - tout de même - et un quart d’heure de « travail » à tout casser… et voilà François Fillon démasqué. Une partie de plaisir, ou presque pour Stéphane Marchau, 46 ans. Quand il a eu vent du défi lancé le 2 décembre, ce professeur d’informatique s’est mis à traquer le Premier Ministre. « François Fillon m’a dit qu’il était l’un de mes followers (entendez suiveur) sous un pseudonyme. Une bouteille de champagne à celui qui le découvrira… », avait promis le député Jérôme Chartier, sur le réseau social.
Depuis chez lui, à Jans, au Nord du département de Loire-Atlantique, l’informaticien a alors « tout simplement » lancé un « programme de crible ». Le procédé permet d’éliminer des noms en les passant à la moulinette. « Il en restait 1 200 », se souvient-il. « J’ai rayé les grands noms de la presse et les gens connus et cherché en fonction des gens qu’il pouvait suivre. Sachant qu’il était peu probable que Lady Gaga soit sur sa liste… »
« Par déduction, iI était peu probable qu’il suive Lady Gaga… »
La suite ? Logique. Exit les pseudos grossiers. Reste 5 noms. Une femme ? « Possible, mais peu vraisemblable. Les humoristes ne l’auraient pas raté. Et pour lui, cela aurait pu mal tourner. » Barré aussi le « compte robot », connu du spécialiste en informatique. Trois candidats potentiels demeuraient. Et parmi eux, fdebeauce. « Il a suffi de taper sur Google pour découvrir l’existence du manoir de Beaucé », en Sarthe. Mais c’est bien sûr ! « F » pour François. Et Beaucé, donc, en référence à cette propriété.
Croyez-le ou non, il a fallu 10 jours avant que le téléphone de Stéphane Marchau ne se mette à sonner. « Merci à @smarchau qui m’a trouvé le premier et merci à tous mes followers », a écrit François Fillon, dimanche dernier. Mon « compte perso » est depuis inondé, souriait « l’enquêteur » hors pair hier. « Depuis, mes copains me disent que je n’en rate pas une… » Et la bouteille de champagne promise ? « Je l’attends ! Par les temps qui courent, je ne peux pas croire qu’un député UMP n’honore pas sa dette… »
Anne-Hélène Dorison



























