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Huguette Hérin sur la liste du prix Marguerite-Audoux

0 11.10.2013 22:41
Huguette Hérin signe un très beau roman inspiré par le Sud Sarthe

Huguette Hérin signe un très beau roman inspiré par le Sud Sarthe

Photo "Le Maine Libre" Hervé Petitbon

Elle est prophétesse en son pays. Huhuette Hérin-Travers, finaliste du prix Marguerite-Audoux, raconte dans "La modestie du monde" (Le Rouergue), la vie d'une femme du Sud Sarthe.

Huguette Hérin signe un livre à la beauté âpre, chronique rurale lucide et cruelle liée à un remarquable portrait de femme.  « La modestie du monde » est le roman d’une vie croqué par un écrivain aux aguets.

À soixante-dix printemps et quelques lilas, la Sarthoise exulte. La parution de son troisième roman, « La modestie du monde » aux éditions du Rouergue lui donne le rouge aux joues et au cœur, l’allégresse des débutants.
Sous ce joli titre, l’ardente militante fait littérature de l’ordinaire des jours. Tout commence par une image. Celle d’une ferme aux terres tranchées par la construction d’une autoroute. Depuis La Broussaie, Yvonne scrute avec un intérêt curieux l’irruption de la modernité dans son univers. Les paysages amputés traduisent d’une façon brutale la fin d’un monde grignoté depuis quelques années déjà, mais de façon plus insidieuse.
Le roman d’Huguette Hérin possède un charme infini. Au-delà de la trame banale des exploitations rétrécies comme peau de chagrin, des enfants attirés par la ville, elle dessine les contours de la vie d’une femme telle que le siècle précédent en façonnait. Sans apitoiement ni nostalgie. Et si quelques indications identifient les alentours de Château-du-Loir (Sarthe), ce roman pourrait s’enraciner en n’importe quelle région.
L’essentiel se tient ailleurs, autour d’Yvonne, observatrice lucide d’un monde promis à disparaître avec elle. Au soir de sa vie, cette femme de la terre dure au mal, secrète, « qui possède intuitivement cette compréhension de la nature et de la nature humaine » est habitée par cette question : Que laisse-t-on derrière soi ? Un simple Opinel tranchera la réponse.
Le portrait sonne juste, écho d’existences réelles. « J’ai côtoyé des femmes comme elle, éblouissantes d’autorité, avides de savoir mais privées d’études parce que c’était ainsi ». Nul misérabilisme dans cette peinture de la vie de province à la Mauriac. « J’ai écrit trois versions de cette histoire dont une beaucoup plus noire ! J’ai gardé le caractère sombre mais pas désespéré ».
La guerre, les traces laissées par les trahisons, les enfants mal-aimés par des parents perdus, les fêlures, tissent la trame serrée de cette histoire dont la poésie s’accroche aussi aux gestes du quotidien, « la traite des vaches ou le soleil des dimanches ».
Huguette Hérin capte les changements d’humeur et de lumière. « C’est la prime enfance qui vous rend guetteur plus ou moins sensible à la richesse du monde. J’en ai ramassé des histoires dans ma vie, mais je n’ai jamais jugé, même face aux situations les plus épouvantables ». Ce regard donne toute son intensité à ce livre profond, humain. Si terriblement humain.
« La modestie du monde » Le Rouergue. 190 pages.

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