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25e Heure Grégoire Delacourt: "A 12 ans, je voulais épouser Caroline de Monaco"

0 08.10.2013 21:27
Delphine Jouandeau

Delphine Jouandeau

D'où vient l'idée de Scarlett Johansson débarquant à Long, modeste commune de la Somme?

C'est un vieux point de départ. A 12 ans, pensionnaire, je rentrais chaque chaque samedi chez mes parents. Je me souviens d'un reportage dans Jours de France sur Caroline de Monaco. Une bombe! J'avais mis ses photos sur le mur de la chambre. J'avais 12 ans et je voulais l'épouser. Lorsque j'ai interrogé ma mère sur la probabilité de ce projet, elle m'a répondu, "oui, c'est possible". Et elle a ajouté: "mais ça ne va pas être simple". J'ai commencé à imaginer Caroline de Monaco entrant dans ma vie, ce que je lui dirais…Puis j'ai grandi et je suis passé à autre chose. Des années plus tard, c'est Scarlett Johansson qui surgit. Je l'ai laissée entrer dans ma chambre…Enfin, celle d'Arthur Dreyfuss.

Votre roman pose la question de l'identité. Qui voulons-nous être?

Cette jeune femme est Scarlett Johansson si on veut que ça soit elle. On refuse de voir qui elle est vraiment. Elle est si jolie qu'on la prend pour Johansson,  Elisabeth Taylor ou Angelina Jolie, mais surtout pas Jeanine Foucamprez.

Qu'a changé le succès de "La liste de mes envies"?

Ca n'a pas bousculé ma vie. Un écrivain n'est pas miss météo. On reste assez protégé. Sur les salons, on vient voir si vous ressemblez à ce que vous écrivez, ou on vous apporte des poèmes. C'est un folklore charmant. Le jour où dans le train, j'ai abordé une fille qui lisait un de mes livres, elle n'a pas cru que j'étais l'auteur et j'ai pris un râteau. Je suis reparti humilié, piteux, vers mon siège! Ca relativise la célébrité! En revanche, le succès donne une certaine autorité qui permet de faire le bien, par exemple pour défendre un auteur auprès d'un éditeur. J'ai eu tant de chance que c'est une façon de rendre ce que j'ai reçu.

Vos livres dépeignent une France provinciale qui ressemble aux photos de Depardon. Une nostalgie?

Cette France est intacte dans certaines petites villes de province. Enlevez les voitures et les sucettes Decaux, et vous verrez des bourgades fossilisées depuis les années Pompidou. J'aime bien ces années-là. Pompidou avec le Concorde, le Centre Beaubourg, les voies sur berges, le design, était très attentif à la modernité. J'aime ces villes qui n'ont pas bougé depuis. C'est touchant car elles gardent le passé vivant.  Dans les bistrots on croise ces figures éternelles d'hommes qui fument leurs Gitanes maïs en buvant un calva. Ca me rappelle les films de Granger, les dialogues d'Audiard. Le garagiste de "La première chose qu'on regarde" appartient à cette famille. C'est un gourmand, un excessif.

"La liste de mes envies" adapté au cinéma avec Mathilde Seigner, c'est un prolongement naturel?

Les droits pour le cinéma avaient été achetés trois mois avant la sortie du livre donc sans savoir qu'il rencontrerait du succès. Un film échappe à l'auteur du roman. Ce sera autre chose, d'autres mots. En revanche, j'ai été bouleversé par l'adaptation faite au théâtre par Mickaël Chirinian. Le soir de la première, je tremblais comme une jeune fille. Il incarne tous les rôles. C'est magnifique et émouvant. Il m'a offert un beau cadeau.

Propos recueillis par Frédérique Bréhaut

"La première chose qu'on regarde" Grégoire Delacourt. JC Lattès.

 

 

 

 

 

 

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