Le Mans, décembre. Silencieuses, les quatre poules se sont parfaitement adaptées à leur jardin de ville.
Photo « Le Maine Libre » Olivier Blin
Photo « Le Maine Libre » Olivier Blin

Au Mans, les poules deviennent citadines

Signe des temps, les poules conquièrent les jardins de ville portées par le bio. La preuve par l’œuf.

La Fontaine fabulait sur le rat des villes et le rat des champs. Aujourd’hui, c’est la poule qui s’urbanise. Du poulailler de la ferme au jardin de ville, elle se pare des plumes de l’animal de compagnie. Porté par une tendance économico-bio-bobo, le phénomène prend de l’ampleur.

Les cocottes des Batignolles

Dans le quartier des Batignolles, où chaque maison possède son jardin, Patrick et Caroline sont ravis de leurs nouvelles locataires. « Nous veillons à bien fermer la baie vitrée, sinon, elles entreraient sans vergogne dans la maison. » Urbaine, la gallinacée prend volontiers ses aises. Alors Patrick et Caroline ont appris à délimiter les territoires.

Après quelques salades sacrifiées dans la serre, des mesures drastiques se sont imposées afin de contenir les quatre poules de la famille à leur place. Non mais !

« Avec les deux chats, les règles de cohabitation sont simples. Les poules font la loi. » Caroline et Patrick sont enchantés. « Nous avons d’abord acheté les deux rousses cet été puis les deux autres en octobre. » Depuis, la maison chaleureuse du quartier des Batignolles se donne des airs de campagne. « Elles nettoient le jardin. Désormais, je n’ai plus besoin de produit démoussant. » Patrick apprécie ce soutien jardinier.

Réduction des déchets

Or les gallinacées rendent d’autres services domestiques. « Depuis leur arrivée, nos déchets ménagers ont diminué de moitié ou presque. C’est vraiment notable. »

Et bien évidemment, les œufs sont servis à domicile. « A la belle saison, chaque poule pond deux à trois œufs par semaine. Des œufs magnifiques, crémeux, avec un double jaune.

Un régal. Aucune comparaison avec ceux qu’on achète » insiste Caroline. « Ils sont si frais, que je rate les mayonnaises. »

Enfin, les quatre poulettes ont su se rendre attachantes. « C’est un spectacle de les observer. Je les appelle « les cocottes », « les filles », elles se laissent même grattouiller. » Autant dire qu’elles ne finiront pas sur la table du dimanche. Patrick le concède. « Nous aurions du mal à leur tordre le cou. Leur plus gros risque, c’est de mourir d’obésité. » Le citadin est sentimental.

Côté jardin de ville, la vie de la poule a du bon.

Frédérique BRÉHAUT