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Edito Les vacanciers aux poches vides

0 24.08.2013 11:15

On croyait naïvement que cet été radieux aurait fait s’évaporer les eaux stagnantes des vieilles râleries hexagonales. Peine perdue. La rentrée n’est même pas encore officiellement déclarée que les sempiternelles polémiques bien de chez nous se remettent à la queue leu leu, comme à l’heure de pointe : trop d’impôts, pas assez de sécurité, la gauche trop molle, la droite trop dure, le passé trop rose, l’avenir trop gris, etc. Entre le parasol et le maillot de bain, on avait pourtant presque oublié tout ça…

Au fil des lectures de l’été, heureusement, on trouve parfois des pépites, histoire de se détendre. Comme ce bon livre de Marie de Gandt, normalienne de gauche devenue plume de Nicolas Sarkozy par goût de l’exploration. Plein de drôlerie et de profondeur sur le pouvoir et ses illusions, ce vécu de l’intérieur est en librairie depuis plusieurs mois mais l’écume des jours l’avait chassé du haut de la pile. C’est pourtant un pur moment de vérité, où le réel est mis à nu par la littérature.

Le rapport avec la rentrée ? Peut-être, au détour d’une page, cet aveu furtif de l’auteure qui dit ne rien renier de sa famille de pensée, sauf à propos de l’économie. « Sur ce plan, écrit Marie de Gandt, j’ai franchi le miroir. La droite a réussi à me convaincre qu’on ne peut améliorer un système social sans d’abord se soucier de l’économie qui va le financer ». Première réaction : on n’imaginait pas que la gauche pouvait encore penser autrement. Deuxième réaction : le débat sur la fiscalité qui vient de resurgir confirme hélas que c’est bien le cas.

Il suffisait de regarder la règle d’or des Français en vacances cet été : pour la plupart, c’était « ceinture ». Moins on dépense, mieux on se porte. Pourtant, à entendre les projets du gouvernement, c’est bien dans ces poches-là que l’État espère toujours se refaire une santé. Sauf qu’il devrait peut-être commencer par essayer de les remplir, ces poches. Ce serait sans doute le meilleur moyen de ne pas relancer la machine à râleries.

Jérôme GLAIZE

 

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