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Édito Les coulisses d’un spectacle

0 19.01.2013 11:15

Les aveux récités de Lance Armstrong sur son industrie du dopage sont aussi minimalistes que leur mise en scène télévisuelle s’est voulue tonitruante. Une image fabriquée, formatée au millimètre pour une vision du sport où tout n’est que domination, contrôle et calcul. Cette mécanique glaçante en livrera le moins possible, et seulement si cela sert ses intérêts. La maîtrise de Lance Armstrong fait froid dans le dos, comme son regard métallique et son allure d’homme parfait conçu par ordinateur.

Sa confession de robot aura au moins eu un mérite, même si elle est bien tardive : elle fait justice de tous ceux qui ont préféré tuer les porteurs de mauvaises nouvelles. Le journaliste sportif sarthois Pierre Ballester, qui a vu sa carrière à « l’Équipe » brisée parce qu’il avait un peu trop pointé du doigt le système Armstrong, en sait quelque chose. Elle montre aussi que le cyclisme, à la différence de bien d’autres sports, accepte de regarder en face ses réalités les moins avouables.

Faut-il pour autant que ce sport paye pour les autres ? Qui peut croire que le football, le rugby, l’athlétisme, la natation ou l’haltérophilie soient totalement à l’abri de ce système pervers ? Ou même la voile, avec ces navigateurs capables de prodiges en ne dormant que deux heures par nuit, deux mois et demi durant ? Poser cette question, c’est encore prendre le risque d’être accusé de briser les icônes, de saccager les mythes, de piétiner les légendes.

Car qu’est-ce que le dopage, finalement ? Sans doute l’artifice le plus simple pour mettre la victoire de son côté, bien sûr. Mais qui céderait à cette tentation, au risque d’en mourir comme tant de sportifs, si ce n’était pas aussi pour répondre à notre insatiable exigence de spectacle, d’exploits et de records ? Fascinés, nous contemplons avec avidité la gloire de ceux qui se dépassent à notre place. Mais pourraient-ils se livrer à une telle escalade dans le surhumain si nous n’étions pas nous-mêmes les principaux commanditaires ?

Jérôme GLAIZE

 

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