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Édito L’ancien monde qui s’en va

0 08.06.2013 11:14

À deux jours d’intervalle, cette semaine, deux nouvelles ont suscité d’innombrables réactions. Jeudi, c’était la mort tragique d’un jeune militant d’extrême gauche à Paris, Clément Méric, décédé des suites de ses blessures après une bagarre avec des skinheads. Hier, c’était la disparition de Pierre Mauroy, à 84 ans, qui inaugura le fauteuil de Premier ministre sous le règne de François Mitterrand. Pas un hommage n’a manqué pour saluer la mémoire de ce pilier de la cause socialiste. Du moins telle que son parti la concevait il y a trente ans…

Car c’est bien d’un monde qui s’en va que témoignent ces deux informations, a priori sans rapport. La disparition de l’ancien homme fort de Lille, c’est d’abord celle d’un militant grand format, forgé par la nostalgie industrielle du Nord, maître d’œuvre des grandes réformes du début des années Mitterrand, jusqu’au « tournant de la rigueur », en 1983. Ce tournant, la gauche de la gauche ne l’a toujours pas digéré. Car Pierre Mauroy, c’est aussi le symbole des illusions perdues, la conversion sous contrainte au réalisme gestionnaire.

L’autre information de la semaine, c’est le drame dont a été victime Clément Méric à Paris. Même si l’on ne sait pas encore tout des circonstances de la mort de cet étudiant très engagé, cet événement traduit le retour inquiétant d’une forme de violence politique que l’on croyait disparue depuis la grande époque des colleurs d’affiches. Il illustre en tout cas les tensions extrêmes qui traversent notre société, dans un contexte de déclassement qui n’en finit pas. Bien loin de l’idéal de progrès partagé et de société ouverte qui animait Pierre Mauroy.

Peut-on encore « changer la vie », comme le proclamait à son époque l’un des slogans du Parti socialiste ? C’est aujourd’hui toute la question. Et si la réponse se résume à l’impuissance ou au renoncement des politiques, il y a fort à parier que d’autres jeunes en mal d’idéal chercheront d’autres voies. Mieux vaudrait leur apporter des réponses.

Jérôme GLAIZE

 

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