Recevez gratuitement la lettre d'information générale du Maine Libre.
Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Je m'inscris !

Édito Justice : un peu d’humanité !

0 15.11.2014 11:15

Peut-on imaginer l’abîme d’angoisse qui a englouti la famille du petit Ludovic Janvier depuis la disparition de cet enfant de 6 ans, le 17 mars 1983 ? C’était il y a près de 32 ans et cette famille, qui venait de quitter la Sarthe pour s’installer à Grenoble, vit depuis un interminable cauchemar. Comme toutes celles frappées par une disparition inexpliquée, elle doit non seulement affronter l’impossibilité de faire son deuil mais subir une impitoyable double peine : celle de devoir batailler contre l’inertie judiciaire. Sans même parler des bévues d’une institution qui a certes raison de souligner qu’elle n’est qu’humaine, et donc imparfaite, mais devrait parfois s’efforcer de faire preuve d’un peu plus d’humanité…

Tout dernier épisode en date, l’annonce du non-lieu décidé par les juges d’instruction chargés de ce dossier et de celui de Charazed Bendouiou, un autre des fameux « disparus de l’Isère ». Un non-lieu que les familles ont quasiment appris par la presse et qui avait été requis en février dernier par le parquet de Grenoble. De quoi rallumer leur colère contre les méthodes de la justice, si réticente à reconnaître ses torts. En témoigne, par exemple, la disparition de scellés, y compris d’ossements dont l’ADN aurait pu être analysé, quand ce n’était pas celle des dossiers d’instruction eux-mêmes, finalement retrouvés au fin fond des archives judiciaires.

Manque de moyens, répondra-t-on invariablement du côté de la justice. Sans doute y a-t-il du vrai dans cet argument, tant notre société (et ses représentants) a du mal à faire des choix cohérents dans ses priorités budgétaires. Mais est-ce suffisant ? Dans cette affaire comme dans tant d’autres, ne faudrait-il pas aussi que chacun des professionnels qui ont eu à intervenir dans le cours de ces enquêtes s’interroge sur une forme de poison qui vient ajouter l’absurdité à la torture morale, celle d’une forme de routine qui ne veut jamais dire son nom mais fait parfois des ravages terribles.

Jérôme GLAIZE

 

inscription à la lettre d'information générale
logo Le Maine Libre

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement la newsletter Le Maine Libre.

Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.