Recevez gratuitement la lettre d'information générale du Maine Libre.
Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Je m'inscris !

Cisjordanie Affrontements à Gaza : deux Sarthois témoignent

2 18.07.2014 16:52
David et Adam vivent une "expérience avec une forte dimension humaine".

David et Adam vivent une "expérience avec une forte dimension humaine".

Alors que les combats frappent Gaza, deux Manceaux en service volontaire européen dans un camp de réfugiés palestiniens, racontent leur quotidien.

Situé au sud de Bethléem, en Cisjordanie, le camp de Dheisheh accueille des réfugiés palestiniens depuis 1949.


 

C’est là, au milieu des quelque 15 000 habitants de cette ville très dense, qu’Adam et David1, deux Manceaux de 24 et 23 ans, ont choisi d’effectuer quelques mois de service volontaire européen.

Une roquette tombée à 200 mètres du camp

L’envie d’avoir une expérience à l’étranger et de voir une autre réalité du conflit israélo-palestinien pour David, un engagement de longue date à Génération Palestine pour Adam, et voilà les deux jeunes hommes qui s’engagent, le premier début avril, le second fin mai, auprès d’une association du camp de Dheisheh, sorte de MJC locale.

« Nous sommes tous les deux Manceaux mais c’est un pur hasard que nous nous soyons retrouvés ici », s’amusent les deux amis.

Depuis le début des offensives israéliennes sur la bande de Gaza, les deux Manceaux ne se sentent « pas particulièrement menacés. Les événements ne se déroulent pas directement là où nous sommes. Du coup, c’est une sensation un peu bizarre, comme si on était toujours en Europe et qu’on suivait les événements de loin. »



Néanmoins, la semaine dernière, « des tirs de roquette ont touché la région. On voyait des explosions autour du camp. Une roquette est même tombée à 200 mètres du camp. Mais on ne craint pas directement pour notre vie. On sent une excitation chez les gens qui nous entourent. Nous sommes à deux kilomètres du mur. Les jeunes Palestiniens y manifestent chaque jour. »

La seule fois où ils avouent vraiment avoir été « un peu moins rassurés », c’était avant les événements à Gaza « au moment « trois colons », au mois de juin », explique Adam.

Des raids dans les camps en juin

« Les soldats israéliens faisaient des raids dans les camps en Cisjordanie. Les copains du camp étaient plutôt tendus, ils sont venus se réfugier à l’asso. Ça a été une nuit plutôt difficile et pas très rassurante. »

David acquiesce tout en tempérant : « Dans ces moments, tu es vraiment dans la réalité de ce qui se passe, quand tu vois des copains venir se réfugier à l’asso parce qu’ils ont peur et que des soldats ont fouillé leur chambre. On est dans cette atmosphère de peur autour de nous. Mais nous, de toute façon, on ne risque rien. Nous avons toujours notre passeport sur nous. Nous sommes Français et il ne peut rien nous arriver si l’armée rentre là. »

Si le visa de David vient d’être renouvelé pour ses trois derniers mois sur place, Adam, qui, logiquement devait rester neuf mois, craint pour la suite de son séjour.

« J’ai peur que les événements politiques posent problème. On ne fait rien d’illégal ici, c’est un projet soutenu par l’Europe, mais on a dû tout de même mentir pour avoir le visa auprès d’Israël [d’où les prénoms d’emprunt, NDLR]. Nous avons dit être en vacances ici. Je ne suis pas hyperconfiant sur le fait que ça passe une seconde fois pour moi étant donné la conjoncture. »

 Une expérience avec une dimension humaine

Au-delà des événements et de la situation géopolitique, Adam et David poursuivent leur service volontaire européen. Au sein de l’association, chacun monte des projets avec les enfants et les jeunes habitant du camp.

« C’est un échange de savoir. On met nos compétences au service de l’asso. »
 

 


Tandis qu'Adam « s’occupe plus particulièrement du site internet de l’association », David anime un atelier vidéo.

« Je leur apprends à se servir d’une caméra, à monter des plans, à lire les images… Le but est de réaliser une vidéo. Nous faisons aussi de la photo avec pour objectif de monter une exposition sur la vie dans le camp. »

S’ils donnent de leur temps à la population, les deux jeunes hommes affirment recevoir autant en échange.

« C’est une expérience avec une forte dimension humaine. Notre intégration a été très facile. Nous avons été parfaitement bien accueillis par les habitants. Tout le monde te parle. Ils ont à cœur de montrer aux internationaux que nous sommes le vrai visage de leur pays, leur culture. »

Au contact de la population, Adam et David confient avoir « changé, évolué. Les jeunes ont les mêmes conversations que nous, les mêmes centres d’intérêt. Mais ils ont vécu des choses que l’on n’imagine pas. Beaucoup ont fait de la prison, certains n’avaient même que 14 ans. La mer est à quelques kilomètres et pourtant, beaucoup ne l’ont jamais vue. Ça modifie la perception de plein de choses que l’on peut avoir, sur nous-même également. »

Mathilde BELAUD
(1) Prénoms d’emprunt

Commentaires (2)

Inconscience !
Pandore sam, 19/07/2014 - 13:10

L' Europe envoie des jeunes en missions sous fausses identités !!!

On joue à quoi là ?

Ce pays est en guerre , il y a deux jours, après avertissement d'Israël, le consul Français a du quitter sa résidence, avant de se faire bombarder ....

Israël était au courant que la résidence appartenait au personnel diplomatique, mais la néanmoins ciblée dans le « cadre de sa politique de punition collective contre les habitants de Gaza ».

Si le personnel diplomatique connaît les risques, pour les organisations humanitaires cela frise l'inconscience !

J'accuse !
adofuhux-7703 lun, 21/07/2014 - 21:20

En réponse à Pandore - Inconscience !

@Inconscience !
Je suis bien d'accord avec vous.
Mais OU VA LA FRANCE ? Depuis que notre pays a rejoint cette "union européenne" nous avons perdu notre identité, aujourd'hui on envoie 2 jeunes français sous une fausse identité dans une région en guerre à l'idéologie trop différente de la notre pour soit disant "aider" mais nous savons comment cela va finir.
Il vont être convertit de force à leur religion de meurtre, ils vont nous les envoyer mourir en "martyr" eux qui n'ont même pas de Saint.
Il faut les sortir de là, que fait l'ambassade, le consul semble avoir été touché vous nous dîtes, les journalistes devraient avoir honte de les avoirs laissé là bas nos 2 pauvres petits Français, ramener les nous avant qu'il NE SOIT TROP TARD, OUVREZ LES YEUX !!!

 

inscription à la lettre d'information générale
logo Le Maine Libre

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement la newsletter Le Maine Libre.

Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.