Recevez gratuitement la lettre d'information générale du Maine Libre.
Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Je m'inscris !

Challes Les temps sont durs pour les épiceries de quartier [Vidéo]

0 14.10.2013 09:24
Voir la vidéo

Le commerce de proximité de Karine Evrard n’est plus viable. Habitudes de consommation des Challois et déviation du bourg pendant un an l’ont mis à mal. La jeune épicière jette l’éponge.

Karine Evrard en a gros sur le cœur. Cette pétillante blonde aux yeux verts, propriétaire de l’épicerie Viveco, se voit dans l’obligation de vendre le commerce qu’elle avait repris en 2010. Sa volonté très forte de conserver un service auprès de la population et son dynamisme pour y parvenir n’auront pas suffi.

« Les Challois ne jouent pas le jeu »

« Je me suis décarcassée à fond pour maintenir le commerce du village. Mais là je ne peux plus. Je mets mon fonds de commerce et le logement au-dessus en vente. Dès qu’un acheteur ou un repreneur se manifeste, je fermerai définitivement. » La raison ? Un manque de trésorerie. « J’ai pourtant fait deux emprunts depuis que je suis ici. Mais pour que l’épicerie soit viable, il faudrait que je fasse une recette quotidienne de 600€. »

Et Karine en est loin. Les bons jours, elle peine à encaisser 350 €. « Les habitants ne jouent pas le jeu. S’ils venaient ne serait-ce que dépenser 1 € par jour, ce serait bon. »

Et pourtant, « ce sont ces gens qui ne viennent pas dans la supérette qui se plaindront ensuite qu’il n’y a plus de commerce à Challes », prévient Marcel, un client régulier.

Le sexagénaire vient tous les jours faire quelques courses à Viveco « parce qu’il préfère les commerces de proximité. Mais je connais des Challois qui vont au Super U de Parigné juste pour acheter une baguette de pain, alors qu’il y a une boulangerie à Challes », s’indigne-t-il.

Des travaux qui se prolongent

Karine est également très remontée contre le maire, qui selon elle « n’a rien fait pour m’aider alors qu’il m’avait vivement encouragée à reprendre l’épicerie ». Elle, qui avait beaucoup de clients de passage, a vu sa fréquentation baisser de 30 % lors des travaux réalisés dans le centre-ville.

Une longue année d’aménagements et la mise en place d’une déviation, pour contourner le village, qui a laissé des traces : les clients de passage ne sont pas revenus. « Le maire nous a promis une indemnisation, mais nous n’avons rien vu. Tout le monde s’en fout. »

Si Karine est en colère, c’est aussi parce qu’elle pense à ses clients fidèles. Comme les personnes âgées, qui viennent faire l’intégralité de leurs courses à l’épicerie. La plupart n’ont pas leur permis. « Si demain je ferme, où iront-elles », s’interroge-t-elle ?

Sophie TOUGERON

Abonnement

Retrouvez toutes nos offres
à partir de 1€ par mois

Je m'abonne

 

inscription à la lettre d'information générale
logo Le Maine Libre

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement la newsletter Le Maine Libre.

Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.