Recevez gratuitement la lettre d'information générale du Maine Libre.
Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Je m'inscris !

Ces catholiques sarthois qui se sentent trop à l'étroit dans l'Eglise

0 14.11.2011 11:21
 Marie-Hélène Sallard et Loïc de Kérimel ont rejoint la Conférence Catholique des baptisés de France.

Marie-Hélène Sallard et Loïc de Kérimel ont rejoint la Conférence Catholique des baptisés de France.

Plus d’une centaine de catholiques sarthois se regroupent régulièrement depuis deux ans. Ils ne se reconnaissent plus tellement dans le fonctionnement de l’Eglise mais ne veulent « ni partir ni se taire ».
Ils étaient un petit groupe d’une cinquantaine lors d’une première randonnée à l’automne 2009. Nous les avions rencontrés alors, quelques mois après la constitution en France du Comité de la Jupe, lancé par deux intellectuelles catholiques, Anne Soupa et Christine Pedotti, en réponse aux propos de Mgr Vingt-Trois : « Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête ». Le petit groupe a grandi qui défend plus largement la parole des laïcs au sein de l’Église.
Retour des processions
Ils sont aujourd’hui environ 130 en Sarthe. Réunis au sein de la Conférence catholique des baptisés(es) de France, ils témoignent d’un certain malaise dans l’Eglise d’aujourd’hui.
« L’Eglise se recentre aujourd’hui sur le culte, les signes du sacré avec un fonctionnement très hiérarchique », regrette Loïc de Kérimel qui s’interroge sur le retour des processions, de la soutane et tout ce « folklore » qui lui rappelle l’époque « d’avant le concile Vatican II ».
Certains, parmi la Conférence des baptisés, vont plus loin en dénonçant même la mise à l’écart par l’Eglise des divorcés-remariés. Ils ne partagent pas non plus l’ouverture récente faite aux mouvements catholiques intégristes. « C’est surprenant et choquant », confie Loïc de Kérimel.
Méfiance vis-à-vis des laïcs
C’est la place des laïcs en général qui leur paraît en fait n’être plus prise en compte dans le diocèse, comme ailleurs. « Quand on voit leur engagement, il est quand même dommage que leur parole, mais aussi après tout, leur savoir, leurs compétences, ne soient pas pris en compte ou soient encore sous-employés. C’est aussi une marque de confiance qui diminue ». Marie-Hélène Sallard regrette également que l’Eglise « reste crispée sur les questions sexuelles ».
Ils ont vécu depuis des années avec l’élan insufflé par le concile Vatican II et ils constatent avec une certaine gêne que les jeunes générations s’en éloignent. « Ils n’ont pas connu l’avant Concile et parfois, on a l’impression que l’on y revient », craint Loïc de Kérimel.
Au travers de groupes et d’ateliers, « ouverts à tous », ils veulent donc « reprendre des forces. On se sent moins seul car nous avons constaté que des catholiques quittaient l’Eglise sur la pointe des pieds. Nous proposons de reprendre espoir, de vivre l’Evangile dans l’Eglise. C’est là l’essentiel ». Les blessés de l’église, les relations inter-religieuses, le baptême à quoi ça engage, sont autant de groupes qui se réunissent régulièrement au Mans. « Tous les milieux sociaux sont représentés », précise Marie-Hélène Sallard.
Ils ont déjà rencontré l’Evêque à plusieurs reprises. « Il était sans doute un peu crispé au début mais il nous connaît par ailleurs. Il reste que, ce que l’on constate, c’est que les évêques ne prennent plus leur liberté de parole, comme s’ils craignaient un coup de bâton au-dessus d’eux ».


Serge DANILO
ccbf-sarthe.com

 

inscription à la lettre d'information générale
logo Le Maine Libre

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement la newsletter Le Maine Libre.

Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.