Banlieues: le jeune Théo est sorti de l'hôpital

7 17.02.2017 08:02
  • Patrick KOVARIK - AFP

    Des manifestants réclament "Justice pour Théo" le 11 février 2017 à Bobigny

  • Arnaud Journois - LE PARISIEN/AFP

    Le président François Hollande au chevet de Théo à l'hôpital Robert Ballanger le 7 février 2017 à Aulnay-sous-Bois

Le jeune Théo a quitté l'hôpital jeudi, deux semaines après son viol présumé lors d'une interpellation en Seine-Saint-Denis, une affaire qui a déclenché des violences en région parisienne et remis la question des banlieues au coeur des débats à deux mois de la présidentielle.

"Grâce à Dieu, je suis sorti sur mes deux jambes. J'étais rentré en fauteuil roulant, en très mauvais état", a déclaré le jeune Noir de 22 ans dans une vidéo postée sur Facebook, remerciant les gens qui l'ont soutenu.

"Je suis très fatigué. La blessure n'est pas encore guérie. (...) Je devais rester encore dix jours mais je n'ai pas pu accepter car je ne sais pas si j'aurais réussi à tenir mentalement", a-t-il expliqué, sa mère et une de ses soeurs à ses côtés.

Théo était hospitalisé depuis le 2 février, jour de sa brutale interpellation dans la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois. Il a déclaré avoir été violé ce jour-là par un policier avec une matraque. Quatre policiers ont été mis en examen, dont un pour viol.

Un médecin ayant examiné le jeune homme avait diagnostiqué "une plaie longitudinale du canal anal" de 10 centimètres et une "section du muscle sphinctérien". Il lui avait prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Lors d'une visite du président François Hollande le 7 février, le jeune homme avait lancé un appel au calme depuis son lit d'hôpital, demandant aux jeunes de son quartier de ne "pas faire la guerre" et de "rester unis".

Si après quelques jours le calme est revenu à Aulnay, des violences urbaines se sont enchaînées dans plusieurs communes, essentiellement en banlieue parisienne, poussant l'exécutif à se mobiliser pour éviter un embrasement des banlieues similaire à celui de 2005.

François Hollande a modifié son agenda pour se rendre vendredi sur la ZAC du Plateau, un quartier populaire d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). "Dans un moment de tension où la banlieue est sous le feu des projecteurs, il est essentiel que le chef de l'Etat se rende dans les quartiers", a fait valoir son entourage.

En déplacement à Strasbourg, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a rappelé jeudi "l'exigence d'exemplarité" qui incombe à "tous les fonctionnaires", notamment les policiers.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux s'est rendu jeudi matin à la Direction territoriale de la sécurité de proximité (DTSP) à Bobigny, avant une réunion dans l'après-midi à Beauvau avec les préfets délégués pour l'égalité des chances où il a dit sa volonté de "renforcer les liens de confiance unissant les forces de sécurité et la population".

- Rassemblement tendu à Bobigny -

"On se rapproche aujourd'hui des nuits qui sont à peu près normales" en Seine-Saint-Denis, a estimé le ministre, se félicitant d'un certain recul des violences.

Jeudi après-midi, environ 200 jeunes réunis à Bobigny pour un rassemblement non déclaré ont été dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes, mais des accrochages épars ont continué ensuite.

Treize personnes ont été interpellées, a-t-on appris de source policière.

Ce rassemblement s'est tenu devant la gare routière de Bobigny, à proximité du tribunal, à l'endroit où de violents incidents avaient eu lieu samedi lors d'une manifestation de soutien à Théo.

Trente-sept personnes avaient été interpellées dans le département durant la soirée.

Le parquet de Bobigny a annoncé jeudi avoir fait appel de la condamnation de cinq jeunes à huit mois d'emprisonnement avec sursis. Ils étaient poursuivis pour vol à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) en marge de cette manifestation.

En pleine campagne présidentielle, la situation dans les banlieues alimente toujours les attaques de la droite.

Dans un entretien au Figaro, la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a accusé jeudi le gouvernement de "dissimuler la gravité de la situation".

"Il y a un déni de réalité sur l'âge des auteurs de violences", a-t-elle ajouté, en affirmant, dans le sillage du candidat de son parti François Fillon, qu'"il faut mettre fin à l'excuse de minorité qui conduit les mineurs à se considérer comme +intouchables+".

Commentaires (7)

Police et incompréhension
Chosiron sam, 18/02/2017 - 08:06

Je sais bien que la situation est difficile. Nos policiers font ce qu'ils peuvent avec peu de moyens. Dans une société en crise économique, sociale et identitaire, tout le monde souffre y compris les policiers qui ne sont pas des nantis. Mais il faut raison garder. La société française est métissée désormais. C'est un fait. Et les nostalgiques d'un pays blanc appartiennent au passé. (Je suis parfois aussi du passé). Mais nous n'allons pas avoir recours à la poudre aux yeux  (pour parler gentiment) du front national qui comme Merlin l'enchanteur va résoudre tous les problèmes avec une baguette magique. Le FN nous ment. Et il le sait. Il cherche par l'affaire de Théo à récupérer le vote des policiers. Des policiers qui commettent des bêtises parfois comme  tout être humain face à des jeunes que l'on ne comprend pas toujours. Les pires guerres viennent de l'incompréhension entre les citoyens.

DOMMAGES COLLATERAUX
CITOYEN72400 ven, 17/02/2017 - 23:21

Le parquet de Bobigny a annoncé jeudi avoir fait appel de la condamnation de cinq jeunes à huit mois d'emprisonnement avec sursis. Ils étaient poursuivis pour vol à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) en marge de cette manifestation......cfmaine libre.
 
Cinq jeunes.....mais ils étaient soixantes encagoulés et encapuchés à piller ce magasin Decathlon de Noisy le Sec au milieu des familles des clients.
Vélos , vetements, chaussures, caméras Gopro .. en mémoire de Théo .....bien sur.
 

Revenez sur terre ! 17 000
Orwellement vôtre ven, 17/02/2017 - 22:47

Revenez sur terre !
17 000 policiers et gendarmes blessés en 2016 !!!
Il y a quelques semaines, 4 policiers (qui surveillaient une caméra de surveillance )
ont faillis finir cramés dans leur voitures.
Mais c'est aussi le cas des pompiers, du samu, etc ... surement des ultraviolents eux aussi !
En fait c'est pareil dans une partie de l'Europe : Belgique, Allemagne, Angleterre, etc...
Même en Suéde !
Ce pays est pourtant réputé pour aider à tout prix les plus pauvres, réputé pour sa police courtoise.
Mais non, eux aussi ils se prennent des pavés dans la g.....
En revanche, des pays comme la Slovénie, Lituanie, Slovaquie, Pologne, etc ... pas de probléme !
Devinez pourquoi ?
Evidemment, la réponse va géner la bien pensance gauchiste.
Puisque ces derniers nous rabachent sans cesse, de la colonisation.
Et bien parlons en !
Parlons de cette colonisation que subit la France et ses voisins.
Une chance que nous disent les gauchistes !
Merci, ont a vu.
Les Français voteront FN .

PRELUDE AU CHAOS
CITOYEN72400 ven, 17/02/2017 - 22:38

Donc en résumé :  Le gentil petit Théo, qui fait tout de même 1, 90m, empêche la police d'interpeller un dealer, frappe un policier, se débat pour empêcher d'être menotté, tout ça est confirmé par la vidéo mais on en fait un héros de la résistance des banlieues face aux "violences" commises par les policiers...  J'ai de plus en plus de mal à comprendre...
 
 

On sait maintenant que le FHaine prône le viol
don.thes ven, 17/02/2017 - 21:27

Le viol et la violence
Et ce qui se passe en ce moment dans les banlieue est la démonstration que la violence engendre la violence
Mais pour le FHaine ce n'était pas un viol:
"Ce n’est pas un viol, expliquait-il à la caméra, et la meilleure preuve, c’est que son caleçon a été troué. Donc le policier ne l’a pas baissé, donc il n’avait pas d’intention manifeste, donc ce n’est pas un viol.»
et cela illustre la violence du geste
Dans les quartiers certains policiers se comportent comme les voyous qu'ils combattent
 
 

non, on ne s'en fiche pas !
Chosiron ven, 17/02/2017 - 19:56

Qu'un jeune garçon subisse une telle humiliation (un viol), c'est intolérable. Je comprends le désarroi de la police et même sa colère face à des jeunes qui ne respectent plus l'autorité, qui se rebiffent et en viennent à insulter les forces de l'ordre. Mais j'ai un malaise face à l'attitude de certains policiers qui confondent autorité avec violence. Si les policiers (des adultes) ne donnent plus l'exemple, nous n'allons pas vers une société pacifiée et stabilisée. Alors que Théo sorte de l'hôpital après ce qu'il a subi, non je ne m'en fiche pas !

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.