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Assises Jugé pour meurtre : « Capable du meilleur comme du pire »

0 17.01.2013 10:39
Joachim Bart, 23 ans, est accusé de s’être acharné sur un quinquagénaire à La Ferté-Bernard. Mercredi, aux assises, on s’est penché sur sa personnalité.

Joachim Bart, 23 ans, est accusé de s’être acharné sur un quinquagénaire à La Ferté-Bernard. Mercredi, aux assises, on s’est penché sur sa personnalité.

Photo archives "Le Maine Libre", Olivier Blin

Joachim Bart, 23 ans, est accusé de s’être acharné sur un quinquagénaire à La Ferté-Bernard. Mercredi, aux assises, on s’est penché sur sa personnalité.

Fin d’après-midi hier. Sur le grand mur de la salle d’assises, les images de la scène de crime sont projetées. Marc Guy, 52 ans, gît dans son appartement du 4 rue Raspail, à La Ferté-Bernard. Il est défiguré.

Familiarisé tôt avec la violence

Au sol, sur les murs, le sang est partout. Ce soir du 7 juillet 2009, Joachim Bart, l’auteur des coups, s’est acharné. La raison de ce déchaînement de violence ? Vraisemblablement une dispute, au motif inconnu, entre deux hommes ivres tous les deux.

Mercredi, lors du premier jour du procès, c’est dans la personnalité de Joachim Bart, 23 ans, que l’on a cherché des clés qui permettraient de comprendre son accès de rage ce soir-là.

Rapidement, il s’est avéré que le jeune homme s’est très tôt familiarisé avec la violence. Celle des autres en premier lieu. À la maison, dans le Nord, il a essuyé les plâtres, mal vu par Julien, son frère jumeau. « Julien est né deux minutes après Joachim, explique le père. Et il n’a jamais supporté de ne pas être le numéro un. »

Sept exclusions du collège

Au quotidien, l’ambiance est souvent exécrable. Pendant que son mari, routier international, est absent, parfois pendant deux ou trois mois, c’est une mère débordée qui doit gérer les cinq enfants. « Elle devait être dépassée », estime le père de la famille Bart. Au fil du temps, elle se met à boire. Julien lui cogne dessus, Joachim vient à sa défense.

À l’école, rien ne va jamais bien non plus pour Joachim Bart. Il ne travaille pas, perturbe les cours et se bat. À sept reprises, il est exclu du collège. « Je n’en ai pas souvenir », assure-t-il devant la cour et les jurés.

Ado, il tente de se pendre et de s’entailler les veines après une déception amoureuse. Il est sauvé in extremis, mais fera d’autres tentatives de suicide.

Mordu de boxe thaï

Sans repère, c’est vers un CAP cuisine qu’il se dirige. Par défaut. Il voulait devenir pompier. Et là non plus, Joachim Bart n’y est pas. En six mois, il manque 155 heures de cours. Il continue de se battre, boit.

Il se met aussi aux sports de combat. « Pour me libérer », dit-il. Le karaté ne lui plaît pas trop, « parce qu’il n’y a pas assez de contact ».

En revanche, il se motive pour la boxe anglaise et surtout la boxe thaï. « Poings, pieds, genoux, coudes », précise-t-il. Mais en dehors des rings, il n’a pas vraiment de projet. Alors à 19 ans, il tente la légion étrangère, part en essai, tient le choc, est en mesure de poursuivre mais lâche tout parce que son copain a été recalé.

C’est avec lui qu’il rentre sur La Ferté-Bernard, où sa famille a emménagé un peu plus d’un an plus tôt. Les deux sont désœuvrés. « On buvait 20 à 25 bières par jour, avec son RSA », explique Joachim Bart.

« Imprévisible »

Dans les rues de La Ferté, Joachim Bart traîne. Certains de ceux qui le croisent perçoivent son agressivité. On décrit un comportement « hyperviolent », un garçon « imprévisible », « capable du meilleur comme du pire. »

« Un jour il était gentil, et le lendemain, c’était un autre Joachim », indique une amie. Un jour, elle a voulu mettre un terme à leur relation : « J’ai vu de la haine dans ses yeux. Il a voulu me frapper. »

Finalement, c’est une vitre et la porte de l’ascenseur qui trinqueront. « Avec vous, ça part vite ? », demande le président Roucou au jeune accusé. « Oui mais que sous l’effet de l’alcool. »

Costaud, athlétique, Joachim Bart comparaît libre aux assises, après avoir passé un an en détention provisoire. Son visage carré sous-entend une grande rudesse, de la force. Son regard est triste. Il fait bien plus que ses 23 ans. Son procès, qui reprend ce jeudi matin, se terminera demain. Il risque 30 ans de réclusion.

Nicolas FERNAND

 

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