Thon rouge: affrontement sans précédent entre Greenpeace et des pêcheurs

0 21.11.2011 14:16

Greenpeace et les pêcheurs de thon rouge ont donné samedi des versions opposées des circonstances de l'affrontement qui a fait un blessé parmi les écologistes vendredi au large de Malte, l'ONG parlant d'"opération non violente" et les pêcheurs d'"attaque de brigands".Cet incident est sans précédent depuis le début il y a cinq ans des campagnes de Greenpeace contre la pêche au thon rouge, une espèce qui fait les délices des amateurs de sushis.Un porte-parole du ministère de l'Agriculture et de la Pêche a "déploré les heurts", souhaitant qu'on "laisse la pêche se dérouler dans le cadre légal". Les représentants des pêcheurs ont demandé à l'Etat "d'intervenir pour garantir la sécurité des marins".Greenpeace devrait pour sa part porter plainte lundi auprès du parquet de Paris pour "coups et blessures et tentatives de coups et blessures".En l'absence de témoin de l'incident qui ne soit ni pêcheur ni militant, l'organisation écologiste a rendu public un film de 52 secondes sur l'affrontement. On y voit un pêcheur arracher un drapeau à un militant et frapper avec la hampe, des zodiacs chavirés et le militant britannique blessé qui hurle de douleur. Des injures fusent des bateaux de pêche. Le militant blessé, Frank Hewetson, 45 ans, a indiqué à l'AFP avoir été opéré dans un hôpital de Malte. Il indique que des pêcheurs ont jeté en direction de son zodiac un harpon, pour l'approcher de leur propre bateau, et que le harpon lui a transpercé la jambe gauche, se fichant "entre l'os et le muscle". "J'ai réussi à le retirer moi-même", a-t-il indiqué.Selon Greenpeace, les pêcheurs ont tiré à l'aide de fusées de signalisation sur les militants et sur l'hélicoptère de l'ONG qui survolait la scène.Par cette opération, qui avait mobilisé plusieurs zodiacs, les militants voulaient, expliquent-ils, "abaisser le filet d'un thonier senneur français", le "Jean-Marie Christian VI" de l'armateur sétois Jean-Marie Avallone, pour "libérer les poissons".L'armateur, propriétaire de trois navires impliqués dans l'affaire, a contesté le caractère non-violent de l'opération de Greenpeace, en affirmant que les militants étaient armés de "couteaux et de blocs de ciment". Il a assimilé l'opération à "une attaque de brigands".Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins va dans le même sens en affirmant que les pêcheurs ont été "attaqués" par des militants "casqués, équipés et engagés dans une action violente: la destruction de l'outil de travail". Il s'agit selon lui d'un "combat qui s'apparente à de la piraterie". Une version que Greenpeace contestait formellement samedi: les militants qui intervenaient "de façon non-violente" n'étaient "absolument pas armés de couteaux", mais seulement "équipés de sacs de sable", puisqu'ils voulaient seulement "lester une des lignes de flottaison du filet pour l'abaisser et libérer les thons rouges".Selon Greenpeace, la pêche à grande échelle a fait chuter de 80% les réserves de thon rouge en Méditerranée et dans l'Atlantique-est. L'organisation demande sa fermeture provisoire, afin que se reconstituent les stocks."La pêche au thon rouge est une activité totalement légale et autorisée", rétorque Bertrand Wendling, directeur général de la Sathoan, qui représente les pêcheurs sétois. La saison dure du 15 mai au 15 juin.

  1. vidéo sur le site de Greenpeace

 

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