Les parents de Dylan, l'enfant maltraité de Millau, jugés vendredi

0 21.11.2011 14:16

Les parents du jeune Dylan, arrêtés pour avoir maltraité pendant des années dans leur pavillon de Millau (Aveyron) leur fils alors âgé de 7 ans parce qu'il était "difficile", font face vendredi au tribunal correctionnel de Rodez, pour "violences" et "abandon".La découverte par les policiers le 5 mars 2009 d'une chambre verrouillée de l'extérieur n'ayant pour meuble qu'un matelas imbibé d'urine avait d'abord fait croire à des faits de séquestration, d'autant que l'enfant n'avait jamais été scolarisé. Mais le juge d'instruction a finalement écarté cette qualification, comme celle de "privation de soins" qui évoque le fait d'affamer l'enfant.Pour l'avocat du père, maçon de 43 ans, Me Christophe Bringer, "il ne s'agit pas d'un couple qui aurait volontairement infligé des mauvais traitements par sadisme, mais plutôt de gens incapables d'apporter des réponses adaptées aux problèmes d'éducation, parce que trop démunis socialement et intellectuellement".Le couple, placé en détention dès la découverte des faits, comparaîtra finalement libre, le père pour "violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans" et "abandon matériel et moral", tandis que la mère, âgée de 36 ans est poursuivie pour "non-empêchement" des violences et pour "abandon matériel et moral", notamment du fait de l'absence de scolarisation, a-t-on appris auprès de la procureure de Rodez, Manuella Garnier.La grand-mère et un voisin comparaîtront pour "non-assistance à personne en danger".La mère a été remise en liberté sous contrôle judiciaire après plus de quatre mois de détention préventive, et son concubin au bout d'un an.Leurs délits sont passibles de 5 ans de prison. "Les faits sont d'une gravité certaine, il ne s'agit pas d'une gifle isolée", a estimé Mme Garnier, qui devrait requérir à Rodez."Le développement de cet enfant a été altéré, mais il va mieux, il est désormais dans un contexte sécurisant, dans une famille d'accueil", a indiqué la procureure, précisant que Dylan serait représenté par l'avocat de l'Association d'aide aux victimes et de médiation (Adavem).Les services sociaux avaient commencé à s'intéresser à ce couple à la naissance de leur deuxième enfant en octobre 2007. En août 2008, la protection maternelle infantile (PMI) avait signalé au juge des enfants de Rodez la non-scolarisation de Dylan, des carences du langage et du comportement.Faute de réponse des parents aux convocations, la police est intervenue, huit mois plus tard. L'enquête a montré que l'enfant était régulièrement battu et souvent enfermé dans sa chambre souillée.L'avocat de la mère, Me Jérôme Alirol, reconnaît que "les faits sont graves". Mais il met en cause le "déchaînement médiatique qui a cloué les parents au pilori alors qu'on n'avait pas tous les éléments". "Le dossier s'est dégonflé", estime-t-il, en soulignant, comme Me Bringer, que ces parents "n'ont pas été aidés par la société".Me Alirol compte "attirer l'attention des juges sur la responsabilité des services sociaux qui n'ont pas saisi assez vite le juge, et sur l'éloignement de celui-ci, basé à Rodez, ce qui a encore ralenti l'intervention de la police".Le conseil général de l'Aveyron s'était défendu de toute "lenteur" il y a un an et le maire de Millau Guy Durand (PS) avait mis en cause la réforme de la carte judiciaire supprimant le tribunal de Millau. Ni le conseil général ni le maire n'ont souhaité s'exprimer à l'approche du procès, pas plus que l'Adavem.Le procès pourrait se dérouler à huis clos si une quelconque des parties le demande vendredi, la victime étant un enfant.

 

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