A Washington, Hu Jintao manie le langage de la fermeté sur Taiwan, le Tibet

0 21.11.2011 14:16

Le président chinois Hu Jintao, reçu en grande pompe mercredi à la Maison Blanche, a mis en garde Washington jeudi contre des risques de "tensions" entre les deux superpuissances si la souveraineté de Pékin sur le Tibet et Taiwan n'était pas respectée."Les questions relatives à Taiwan et au Tibet ont trait à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Chine, et représentent le coeur des intérêts chinois", a dit M. Hu lors d'un discours à Washington.Cette déclaration tout en fermeté intervient peu après la visite du numéro un chinois au Congrès, où il a été reçu par des élus très critiques qui ont évoqué ces deux questions sensibles.En outre, M. Hu s'est voulu rassurant en affirmant que la Chine ne cherchait pas à se livrer à une course aux armements. "La Chine ne cherchera jamais l'hégémonie et ne poursuivra pas de politique expansionniste", a-t-il affirmé.Au Capitole, les élus ont tenu à mettre sur la table les différends commerciaux et la question des droits de l'homme.Jeudi matin, M. Hu a rencontré le nouveau président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, ainsi que plusieurs autres élus dont Nancy Pelosi, chef des démocrates de la Chambre."Il est important que nous continuions à résoudre nos différends de façon à ce que cela bénéficie à nos pays et nos peuples", a estimé M. Boehner après la réunion. Le chef républicain a ajouté qu'il avait exprimé ses "inquiétudes" notamment sur la liberté religieuse en Chine.Mme Pelosi, une critique de longue date de la Chine, a précisé que le Tibet avait figuré parmi les discussions. La chef démocrate a dit avoir aussi évoqué le cas du dissident emprisonné et prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo.M. Hu a aussi rencontré le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid. Après avoir qualifié ouvertement mardi le dirigeant chinois de "dictateur", M. Reid s'est rétracté. Jeudi, il a reçu M. Hu dans une des salles d'apparat du Sénat.M. Reid a qualifié la rencontre de "productive" dans un communiqué, avant d'ajouter qu'il avait évoqué la question de la monnaie chinoise. Les dossiers des droits de l'homme, de la Corée du Nord, de l'Iran, du Soudan et des relations avec Taiwan ont également été au menu des conversations.Mais au Congrès, les élus restent prompts à désigner Pékin comme le responsable des difficultés économiques des Etats-Unis, notamment du secteur manufacturier.Lundi, à la veille de l'arrivée de M. Hu à Washington, trois sénateurs américains avaient annoncé qu'ils poursuivraient leurs efforts -- à travers le dépôt d'un projet de loi -- pour pénaliser la Chine, accusée de sous-évaluer sa monnaie, le yuan, pour soutenir ses exportations.En outre, nombre d'élus du Congrès déplorent le manque de contrôle de la part de Pékin sur les contrefaçons chinoises de productions américaines.Mercredi, le sénateur indépendant Bernie Sanders s'est étonné que des bustes de présidents américains fabriqués en Chine soient vendus dans un musée de Washington. "C'est plutôt pathétique. Je ne savais pas que le déclin de notre capacité manufacturière était si aigu", a-t-il écrit au directeur du musée.Mercredi, à la Maison Blanche, le président chinois et Barack Obama ont affiché leur volonté de dépasser les "frictions" commerciales sur fond de juteux contrats.Les droits de l'homme s'étaient largement invités au menu des discussions. M. Hu a même fait une déclaration inhabituelle à ce sujet, expliquant que "beaucoup rest(ait) à faire en Chine" sur ce dossier, promettant d'améliorer la situation.Le président chinois s'envolera ensuite pour Chicago avant de quitter les Etats-Unis vendredi.

 

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