Accidents mortels: l'alcool accusé dans l'un, soupçonné dans un autre

0 21.11.2011 09:41

Un chauffard ivre récidiviste écroué, un homme connu pour des faits d'ébriété au volant en garde à vue : en deux accidents et six décès, la Seine-et-Marne a vécu un week-end dramatique, alors qu'un décès sur trois est imputable à l'alcool sur les routes françaises.En 24 heures, deux familles ont été décimées à 20 kilomètres de distance, à Chelles samedi soir 16 avril puis, dimanche soir 17 avril, à Ozoir-la-Ferrière. Six personnes sont mortes, dont trois enfants. Cinq autres ont été blessées.A Chelles, le chauffard ivre, sans permis et récidiviste de la conduite en état d'ébriété, a tué une enfant de trois ans, sa mère et son oncle, et blessé son père, après avoir foncé sur un abribus samedi. La fille du chauffeur, présente dans sa voiture, a également été blessée.Mis en examen et écroué lundi soir pour homicides et blessures involontaires, cet homme de 44 ans risque jusqu'à 20 ans de prison, en raison des circonstances aggravantes et de son passé, puisqu'il a été condamné deux fois pour conduite en état d'ivresse.A Ozoir-la-Ferrière, où l'homme placé en garde à vue devait être mis en cause, la responsabilité directe de l'alcool n'est en revanche pas établie et pourrait ne jamais l'être : en effet, le suspect, âgé de 29 ans, a été convaincu par son père de se rendre mardi matin au commissariat de Pontault-Combault, soit plus de 24 heures après les faits, un délai suffisant pour que l'alcool soit évacué de l'organisme.Il est soupçonné d'avoir fui après avoir été impliqué dans un accident mortel qui a tué un bébé de deux mois, sa soeur de six ans et une femme de 58 ans. Les trois victimes étaient dans la même voiture, avec une autre femme et un homme, pour leur part grièvement blessés.L'accident, dont la responsabilité et les circonstances devront être établies par l'enquête, est survenu sur la Route nationale 4, dimanche, à 22H20 : la voiture du suspect a percuté par l'arrière celle des victimes, partie en tonneaux dans les bois. Le chauffeur a alors pris la fuite à travers champs, laissant son véhicule fermé à clé. S'il ne lui appartenait pas, il en était un usager régulier, a précisé une source judiciaire.Selon une source proche de l'enquête, qui n'a pas donné plus de précision, cet homme est "connu des services de police pour conduite en état alcoolique".Cette source a toutefois incité à la prudence. Dans l'attente d'un avocat, l'audition du suspect n'a en effet pas commencé sitôt son arrivée au commissariat. Sauf aveu, il sera difficile d'établir toute conduite en état d'ivresse.Selon Chantal Perrichon, porte-parole de la Ligue contre la violence routière, "depuis 2002, le taux des accidents mortels de la route dus à l'alcool reste autour de 30 % et celui des récidivistes dans les accidents dus à l'alcool est compris de 10 à 12 %"."Très fréquemment, les délits de fuite après un accident sont liés à l'alcool, les automobilistes se livrant aux autorités une fois que leur taux d'alcoolémie a baissé", a-t-elle ajouté.Chantal Perrichon, qui qualifie d'"inadaptés sociaux" les conducteurs prenant le volant après avoir bu, demande à ce qu'une fois pris, ils soient soumis à deux mesures : l'installation sur leur véhicule d'"un système d'éthylotest anti-démarrage et la confiscation du véhicule en cas de récidive".La Prévention routière réclame que soient rapidement signés les décrets d'applications permettant la mise en oeuvre de certaines mesures de la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité intérieure 2 afin de lutter contre l'alcool au volant, comme les éthylotests anti-démarrage.

 

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