Accablée, la commune aux collégiens suicidaires cherche à comprendre

0 21.11.2011 09:41

Coursan, petite commune de l'Aude accablée par le suicide d'une adolescente et les tentatives de trois élèves du même collège, cherchait à comprendre vendredi et à empêcher que cette série ne fasse des émules.En une semaine, deux garçons et deux filles de 15 et 16 ans du collège des Mailheuls, peut-être durement touchés par la mort récente de deux anciens de l'établissement, ont tenté de mettre fin à leurs jours en absorbant des médicaments dans cette localité de 6.000 habitants, proche de Narbonne.Deux d'entre eux ont repris les cours et une troisième est sous surveillance psychologique à l'hôpital. Mais Chloé, 15 ans, la première à avoir attenté à ses jours le 17 juin, a succombé jeudi matin.Si le collège paraît de l'extérieur fonctionner normalement, les équipes de soutien psychologique mises en place depuis le 17 juin ont été renforcées, a indiqué la préfecture. Les élèves, rares vendredi parce qu'ils avaient décidé de ne pas venir ou parce qu'ils préparaient le brevet, et les enseignants, ébranlés, pouvaient consulter les psychologues individuellement ou en groupe.Mais tous, maire, parents, habitants étaient sous le choc."Pourquoi? Nous nous interrogeons et n'avons pas de réponse", disait le maire communiste Gilbert Pla."C'est dur ce matin, on pense à elle", déclarait un ouvrier du collège. "Il faut trouver les mots justes pour soutenir" les élèves, disait-il. "Il faut que les enfants gardent dans leur coeur les moments passés avec elle. C'était une fille souriante, gaie, il n'y avait aucun signe qu'elle allait faire ça, c'est dur à comprendre".Les quatre jeunes, habitués des réseaux sociaux sur internet, se sont-ils laissés entraîner? Le rôle de ces réseaux a immédiatement suscité les questions des Coursannais. Certains des quatre adolescents auraient annoncé leurs intentions sur internet. Mais rien n'indique qu'ils se soient concertés, selon la préfecture.La justice et la préfecture ont souligné la complexité et la diversité des situations personnelles des quatre collégiens. Chloé souffrait peut-être d'un chagrin amoureux. Il y avait aussi des situations familiales conflictuelles. Et les adolescents qui ont survécu n'avaient pas forcément la même volonté de mourir et cherchaient peut-être à attirer l'attention.Selon la direction de l'école, certains élèves avaient été gravement affectés par la mort au cours du mois écoulé de deux anciens de l'établissement dans des accidents de la route.La principale du collège, Palmire Andrieu, a assuré qu'après ces accidents tout avait été fait pour essayer de protéger les élèves. Outre la mise en place d'un soutien pyschologique, la direction a, à deux reprises, appelé les parents à la vigilance par le biais des carnets de correspondance.La préfecture a renouvelé cet appel vendredi.La vigilance est encore plus nécessaire avec la médiatisation de l'affaire. Il faut "éviter que ça devienne une série, un feuilleton", a dit le directeur de cabinet Benoît Huber, qui redoute "un phénomène de mimétisme", risque élevé selon lui.Le maire partage cette préoccupation: "Nous voulons entourer les jeunes afin que la psychose ne s'agrandisse pas. Nous voulons que les jeunes gens sortent de cette situation de désespérance que nous ne comprenons pas".Le parquet de Narbonne a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer si quelqu'un avait incité au suicide par l'intermédiaire d'internet. Mais, a dit le procureur Bertrand Baboulenne, il n'y a pas à ce stade "d'éléments en faveur d'un (tel) délit".

 

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