Absence d'auxiliaires de vie scolaire : « On ne pense pas à nos enfants »

0 21.11.2011 09:28

Maman d’une petite fille dyspraxique, Aurélie s’alarme de la non-attribution d’auxiliaires de vie scolaire, pour que les enfants qui en ont besoin puissent suivre une scolarité facilitée. Apprendre tout simplement.Agathe a 6 ans. En classe de CP, elle suit une scolarité presque sans encombre à l’école Saint-Liboire, avenue Rhin-et-Danube. Presque, parce qu’Agathe est dyspraxique. Un vilain mot qui dit qu’elle a un peu plus de mal que ses camarades à apprendre, parce que son cerveau ne commande pas bien au reste de son corps.« Elle travaille bien à l’école, mais elle a besoin de soutien », explique sa maman. « Sa maîtresse est gentille, elle fait son possible pour Agathe, mais ça pénalise ses copains et copines ». C’est pourquoi l’annonce de l’attribution d’un auxiliaire de vie scolaire pour Agathe a été vécue comme une bonne nouvelle pour toute la famille. « C’est la MDPH qui a attribué une AVS à Agathe le 10 novembre dernier. C’était un soulagement. On s’est dit que ça soulagerait non seulement Agathe, mais aussi sa maîtresse et l’ensemble de la classe ».Malheureusement, à l’heure où les vacances de Noël arrivent, Agathe n’a toujours vu personne venir l’aider à suivre les cours. « J’ai passé des dizaines de coups de fil. On m’a répondu qu’il ne fallait pas espérer une AVS avant au mieux le mois de février ». Motif de ce délai : l’absence de crédit disponible. « C’est inadmissible », s’indigne Aurélie. « L’avenir d’Agathe se construit aujourd’hui. Je veux juste qu’on lui permette de suivre son CP comme les autres, avec un soutien en plus. Je vois l’AVS comme un tremplin pour la lancer dans la vie. Je suis effarée qu’on me réponde qu’il y a restriction de budget ».Un problème dont est bien conscient Jean-Paul Briand, directeur de l’enseignement catholique sarthois. « Je comprends tout à fait le désarroi de la maman d’Agathe. Il y a de toute évidence des dysfonctionnements entre l’enveloppe allouée à l’embauche des AVS, et les notifications délivrées pas la MDPH. Même si d’année en année, le système s’améliore, il est clair qu’il y a encore du chemin à faire pour accueillir au mieux les enfants en situation de handicap ».Par-delà son cas personnel, Aurélie pense surtout aux « autres enfants qui ont un handicap. Je suis allée sur des forums sur Internet. Les gens sont désemparés ! Agathe peut aller à l’école quand même, mais les autres ? Ceux qui sont en fauteuil par exemple ? Nos enfants ne sont pas du bétail, on ne pense pas à eux. Il faut leur donner les moyens de réussir dans leur vie ».Mathilde BELAUD

 

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