Abbaye de Solesmes : «Prier, travailler, se sanctifier»

0 18.11.2011 09:21

La journée d’un moine en son monastère se partage en périodes consacrées à la prière (c’est le plus important), mais aussi au travail (les impératifs du quotidien) et au service. Il y a des temps de méditation ce qui n’empêche des temps de récréation. « La promenade hebdomadaire » retient Michel Niaussat auteur du livre consacré au millénaire de l’abbaye, « est également ce temps privilégié de rencontres fraternelles ou chacun, selon ses affinités, peut à l’occasion d’une marche salutaire se détendre avec d’autres frères ». Mais de quoi vivent les moines de Solesmes ? « Nous vivons en grande partie de nos éditions de chant grégorien et de livre de partitions. C’et un marché énorme. Nous exportons jusqu’au Japon par exemple. Ces activités d’éditeur et auteur constitue notre principale ressource » explique Dom Thierry Barbeau. Le travail est une nécessité ne serait-ce que parce que « l’oisiveté est une ennemie de l’âme », ce qu’affirme Saint-Benoît qui a fixé sa règle aux bénédictins. En ajoutant : « Ils seront vraiment moines s’ils vivent du travail de leurs mains ». Parallèlement à l’activité intellectuelle s’impose le travail manuel« Nous exerçons de multiples activités d’artisanat. Il y a un frère menuisier, d’autres sont cordonnier, tailleur, relieur, sacristain, jardinier, cuisinier… Ce sont des activités en relation avec les nécessités les plus courantes de la vie. Mais c’est au service de la communauté. Par ailleurs en même temps que les métiers il y a les fonctions, les missions, les services à rendre, comme celles de la responsabilité d’accueil des hôtes (hôtelier, portier), l’enseignement de jeunes moines… »Les moines peuvent-ils se passer de l’extérieur ? « Ce n’est pas le but. Nous considérons que le travail est une manière de se sanctifier. Ainsi nous nous mettons au service de nos frères ». Il y a des frères cuisiniers, on peut parler cuisine ? « Nous pouvons en parler. La cuisine nous la faisons par nécessité mais toujours avec perfection. C’est une question de respect pour les frères que nous servons. Toutefois sans entrer dans trop de délicatesse, trop de luxe. Qualité du travail ne signifie pas gourmandise ». Choisir d’être moine ce n’est pas pour profiter d’une communauté mais se mettre au service d’une communauté. Chacun à sa place apporte sa pierre à l’édifice. Un Abbé cistercien (de la même règle) de la fin du XIIè siècle, déjà faisait observer : « Nous sommes les membres d’un seul corps, et tous les membres n’ont pas la même fonction ». Les métiers et les fonctionsJacques GUICHARD

 

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