A Florensac, des collégiens bouleversés, l'agresseur toujours entendu

0 21.11.2011 09:46

Les élèves ont repris le chemin du collège Voltaire mardi matin à Florensac (Hérault), près de Béziers, le visage grave et les traits tirés, au lendemain de la mort d'une jeune fille de 13 ans, frappée par le frère d'une autre collégienne.Première arrivée, à 07h30, une adolescente est allée accrocher un bouquet à la grille, à l'endroit où sa camarade était tombée la veille, sous les coups de son agresseur de 14 ans. Beaucoup d'élèves étaient accompagnés par leur famille."J'ai pensé à elle toute la nuit", a glissé la jeune fille avant de rentrer dans l'établissement, dans un quartier résidentiel de ce bourg de 4.700 habitants. Au milieu des fleurs, des photos de la victime. Et des mots écrits à la main: "Les gitans (communauté dont ne faisaient partie ni la victime, ni son agresseur, ndlr) sont avec toi. Paz y un beso", "On t'aime tous" ou "Tu resteras dans notre coeur"."Ca fait du mal, ce n'était que le début de sa vie", disait une élève, assurant ressentir "beaucoup de tristesse".Pour beaucoup, la nuit a été agitée, et l'inspecteur d'académie Philippe Wuillamier a évoqué "une communauté d'enfants très choqués".Les collégiens devaient, comme la veille, être pris en charge par leurs enseignants, et pourront être reçus par une cellule de soutien psychologique. "Ce matin, c'est ce temps d'écoute qui va être privilégié avant que la vie du collège se remette en place", a dit M. Wuillamier."L'essentiel est de rester ensemble", a expliqué un médecin de l'Education nationale.Une minute de silence a été observée dans le collège avant que les élèves, souvent en pleurs, et la communauté éducative ne viennent se recueillir sur les lieux du drame.Une marche silencieuse sera organisée samedi, a annoncé le maire (PS) de la commune, Vincent Gaudy.L'auteur des coups, qui aura 15 ans en juillet, a été placé en garde à vue lundi après s'être rendu à la gendarmerie et était toujours auditionné mardi par les gendarmes, selon le procureur de la République de Béziers, Patrick Mathé, qui avait évoqué un "acte inacceptable", commis "à mains nues".Selon le ministre de l'Education Luc Chatel, attendu sur place à 14h15, il s'agit d'une "bagarre qui a mal tourné" dans un collège "tranquille".Trois garçons de la classe de 5e de la victime ont été témoins des faits. "On était là, elle a à peine franchi la grille, il lui est tombé dessus, il lui a mis des +patates+, il lui a foutu trois +patates+ dans la bouche. On a voulu intervenir, il y a quelqu'un qui a réussi à le pousser et il est parti", a assuré l'un d'eux."Il y avait des adultes" sur les lieux, "il y avait aussi quelqu'un dans une voiture", "ils n'ont pas eu le temps d'intervenir, c'était déjà fini", a raconté l'adolescent, affirmant que l'agresseur avait "foutu un coup de pied" à la jeune fille une fois "tombée" à terre.Selon plusieurs témoignages, l'agresseur faisait de la boxe. "Il s'est servi de son sport pour tomber" sur la victime, disait une mère "en colère".Ses camarades de classe ont décrit la jeune fille comme "quelqu'un sans histoires, bonne élève".D'après les premiers éléments de l'enquête, l'adolescente aurait chuté sur la tête, ce qui a entraîné des lésions cérébrales graves et deux arrêts cardiaques. L'autopsie doit avoir lieu mardi après-midi.Une dispute d'ordre sentimental l'aurait opposée récemment à la soeur de l'agresseur. Selon la gendarmerie, cette dernière, qui avait peur d'aller à l'école, avait déposé une plainte lundi matin avec sa mère contre la victime, pour "des violences remontant au 15 juin".Au cours des dernières années, plusieurs drames de ce type ont eu lieu en France, notamment en janvier 2010 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) où un élève de 18 ans avait été poignardé par un camarade dans leur établissement.

 

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